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Le fondateur et ancien dirigeant du Front national Jean-Marie Le Pen, en visite à Domremy, où vivait Jeanne d'Arc

L'imaginaire historique des candidats à l'élection présidentielle 5/10 : Jean-Marie Le Pen

55 min
À retrouver dans l'émission

De Jeanne d'Arc à Jules Ferry, le fondateur et ancien dirigeant du Front national revient sur les figures historiques qui l'ont inspiré dans sa vie et au cours sa carrière politique.

Le fondateur et ancien dirigeant du Front national Jean-Marie Le Pen, en visite à Domremy, où vivait Jeanne d'Arc
Le fondateur et ancien dirigeant du Front national Jean-Marie Le Pen, en visite à Domremy, où vivait Jeanne d'Arc Crédits : Charles Caratini/Sygma via Getty Images - Getty

Qu'ont donc dans la tête nos candidats à la présidentielle quand ils parlent du passé ? Quels sont les héros de l'histoire de notre pays ou de l'humanité qu'ils convoquent lorsqu'ils ont une décision à prendre ? À l'occasion de la campagne présidentielle, la Fabrique de l'Histoire  interroge les prétendantes et les prétendants à la fonction la plus élevée de la République sur leur imaginaire historique. Dans une série de dix émissions programmée sur deux semaines, ils reviennent sur l'enseignement qu'ils ont reçu en histoire, les faits marquants du passé qui continuent à les fasciner, les grandes figures qui les influencent. Aujourd'hui donc, un entretien d'une trentaine de minutes avec Jean-Marie Le Pen, suivi par un commentaire en compagnie de Roger Dupuy . Donnez-nous votre avis ! Pendant ces deux semaines d'émission avec les candidats à la présidentielle, nous vous invitons à exprimer vos points de vue sur l'Histoire en politique sur notre FORUM . Réagissez, merci ! 

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53 min
"L'imaginaire historique des candidats à l'élection présidentielle 5/10 : Jean-Marie Le Pen" dans "La Fabrique de l'historie" (23/02/2007)

Candidat du Front national à la présidentielle de 2002, Jean-Marie Le Pen a lancé sa campagne à Valmy, utilisant un des symboles de la Révolution pour servir son combat politique. Cette commune de la Marne étant indissociable de la bataille de Valmy, première victoire décisive de l'armée française pendant les guerres de la Révolution ayant suivi le renversement de la monarchie des Bourbons. 

Je m'adresse aujourd'hui devant vous, depuis le moulin de Valmy, lieu symbolique, où notre patrie en danger fut sauvée jadis. C'est que la France est, une nouvelle fois, à un tournant de son histoire. Un des moments cruciaux, décisifs et rares, où notre pays doit continuer à être lui-même, doit rompre brutalement avec un présent qui l'afflige, et reprendre en main le cours de son destin. Certains me diront que Valmy est un symbole. À ces incrédules, je réponds que les peuples ont besoin de symboles afin de rassembler les familles qui les composent et leur permettre de communier dans un même idéal social. Jean-Marie Le Pen lors du lancement de sa campagne à Valmy 

Dans cette discussion, le fondateur et ancien dirigeant du Front national - aujourd'hui rebaptisé Rassemblement National - revient sur les figures historiques qui l'ont marqué et qui ont été susceptibles de l'inspirer au cours de sa carrière politique. 

Il convoque à la fois les rois et la République, la Grèce païenne et Jeanne d'Arc, Jules Ferry et les anarchistes. Il revient également sur la figure de Charles de Gaulle qu'il n'hésite pas à critiquer et affirme qu'il est d'une génération qui a "perdu toutes ses guerres". 

La politique, c'est un art d'évocation, c'est un art de symbole. Surtout pour quelqu'un comme moi, qui est un patriote, et qui considère que le service à la nation est la valeur principale. Le reste vient de surcroît. Pour moi l'histoire de France est indiscutable. Je ne m'autorise pas à accepter l'héritage sous inventaires. Jean-Marie Le Pen

En 1956 alors qu'il n'a que 28 ans, Jean-Marie Le Pen devient député, sous l'étiquette Union et fraternité française (UFF). Cette année-là, il quitte pour six mois les bancs de l'Assemblée nationale pour s'engager dans son ancienne unité militaire, le premier régiment étranger des parachutistes pour participer à la bataille d'Alger durant la guerre d'Algérie. Jean-Marie Le Pen est alors un fervent défenseur de l'Algérie française : 

On fait aujourd’hui le procès de la colonisation. Mais la colonisation française avait un but humanitaire. Il s'agissait d'aller porter à des populations réputées sauvages parce qu'elles avaient des mœurs très différentes et souvent plus simplistes que les nôtres. Tous les colonisateurs n'étaient pas des malfrats. Aujourd'hui c'est la mode de s'excuser de ce que la France à fait. Je ne suis pas de ceux-là. Jean-Marie Le Pen

J'ai participé à des batailles perdues. Ma génération a participé à des batailles perdues, et c'est d'ailleurs ce qui crée mon chagrin, de voir que mon pays qui a des capacités et des devoirs à l'égard du monde, n'est pas toujours à la hauteur. Jean-Marie Le Pen

De puis 1979, le Front national se joint à la commémoration de Jeanne d'Arc, tous les 1er mai. Depuis son enfance, Jean-Marie Le Pen voue un culte pour ce personnage historique, qui devient une passion et un symbole politique pour le Front national : 

Je suis un joahnniste convaincu. Mon grand homme, c'était une femme. Je trouve que Jeanne d'Arc est le personnage le plus exceptionnel de l'histoire de notre pays. Jeanne d'Arc est une image de la France et du patriotisme français. Nous n'avons pas beaucoup de généraux victorieux de 17 ans. L'injustice de son martyre, son admirable défense devant cet abominable tribunal de Rouen, où elle a cette phrase qui résonne avec l'actualité : "J'aime les Anglais, chez eux". On me dit : "Tu n'aimes pas les étrangers". Mais moi j'aime les étrangers, chez eux. Jean-Marie Le Pen 

À la fin de ses études universitaires, Jean-Marie Le Pen hésite entre une carrière d'avocat et une carrière militaire. Il choisit finalement de devenir juriste : 

La vie m'a contraint à gagner ma vie tout de suite. Mais j'ai imaginé de la gagner comme artisan du disque historique occupant le seul créneau de production que les grandes marques de disques méprisaient. Cela m'aurait laissé une liberté totale. Jean-Marie Le Pen

Jean-Marie Le Pen confirme son aversion pour le général de Gaulle, dont il critique les actions durant la Seconde guerre mondiale, et plus tard, au début des années 1960, pendant la guerre d'Algérie : 

Très jeune homme, j'ai cru à la théorie du bouclier et de l'épée. J'étais convaincue que Pétain était le bouclier et qu'il faisait ce qu'il pouvait dans une nation occupée par l'armée vainqueur, et que De Gaulle, qui était en Angleterre, pouvait se permettre d'être l'épée. Vers 16-17 ans, j'ai été très déçu de voir que ce n'était pas la réalité. De Gaulle a été vainqueur et n'a pas eu la clémence d'Auguste. Jean-Marie Le Pen

Plus tard, de Gaulle a affirmé qu'il sauverait l'Algérie française, c'était mon idée de l'avenir de la France, pour que la France ait un pied dans chacun des deux continents. Il a laissé le FLN gagner cette guerre, et c'est un reproche que je lui fais. Il a abandonné les harkis à leurs bourreaux, c'est une ignominie. Tout cela ne me permet pas de considérer le général de Gaulle comme un grand personnage, malgré certaines actions illustres. Jean-Marie Le Pen

Durant sa carrière d'homme politique, Jean-Marie Le Pen a tenu des discours à propos de la Secondue guerre mondiale qui ont suscité la polémique à plusieurs reprises, notamment sur les chambres à gaz et la déportation. Le fondateur du Front national a d'ailleurs été condamné à 30 000 euros d'amende par la Cour de cassation en mars 2018, pour avoir qualifié les chambres à gaz de "détail de l'histoire" : 

C'est une période que j'ai vécu, je suis donc mieux placé pour en parler. J'avais 12 ans en 1940. J'avais 16 ans 1944. J'ai essayé d'aller au maquis de Saint-Marcel, en 1944. C'est une période de déchirement à laquelle j'ai été sensible. J'ai toujours ouvert le Front national aux parias, à ceux qui étaient rejetés. Trente ans après la Seconde guerre mondiale, j'estime qu'on peut passer l'éponge, et c'est ce que j'ai fait au Front national. 

J'estime ne plus avoir la liberté de dire ce que je pense sur ces sujets, je m'interdis donc de le penser. Jean-Marie Le Pen 

Pour moi, l'histoire de France est un tout, c'est un héritage, un patrimoine. Nous devons avoir à cœur de le défendre pour les générations suivantes. La France est une vieille maison, elle a une vieille devise qui fait d'elle un phare politique dans le monde. Jean-Marie Le Pen 

Jean-Marie Le Pen
Jean-Marie Le Pen Crédits : RF - Radio France
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