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Mixité 2/4

53 min
À retrouver dans l'émission

L’aventure des collectifs féminins à la CGT

Un documentaire de Séverine Liatard et Renaud Dalmar

En 1944, des militantes de la CGT issues de la Résistance cherchent à construire des collectifs féminins pour rendre les femmes et leurs revendications visibles à tous les échelons d’une formation traditionnellement masculine et susciter dans le même temps de nouvelles adhésions de la part des salariées. Les travailleuses qui s’engagent dans telles ou telles luttes sont remarquées, éduquées et promues au sein du syndicat.

En 1955, une postière, Madeleine Colin se voit confier la responsabilité du développement du secteur féminin qui se dote alors d’un mensuel, Antoinette . Ce magazine militant est diffusée aux sorties d’usines et par abonnement et atteint, dans les années 1970, un tirage d’environ 80 000 exemplaires. Il a pour objectif de nourrir l’engagement des militantes tout en donnant une image féminine puis féministe de la CGT. Les idées force défendues alors sont le droit au travail des femmes, l’égalité des salaires et corrélativement l’aspect social de la maternité.

Après 1968, la travailleuse devient de plus en plus une salariée instruite qui souhaite participer aux changements qui s’opèrent dans la société. Concernées par les mouvements féministes qui dénoncent la société patriarcale, de nombreuses militantes cégétistes, et celles du secteur femmes en particulier, prennent position en faveur du droit à l’avortement, du partage des tâches ou de la pénalisation du viol. Il s’agit dès lors de convaincre l’appareil de la CGT d’intégrer ces revendications dans son projet politique, de reconnaître que la lutte des femmes et la lutte des classes doivent être menées conjointement. « Pas de vie démocratique au syndicat sans les femmes » prophétise Christiane Gilles.

La VI ème conférence nationale des femmes de la CGT en 1977 aboutit à une telle explosion des revendications syndicales et féministes des militantes qu’elle effraie la direction masculine de la centrale syndicale. Dans les années qui suivent, une reprise en main s’amorce à l’image de celle qui s’opère au sein du PC, tant sur les méthodes de travail et de direction que sur des questions internationales comme l’Afghanistan ou Solidarnosc en Pologne. Cette attitude est mise en cause par certaines des dirigeantes du secteur femmes salariées et à l’intérieur même du magazine Antoinette . En 1985, les commissions femmes affaiblies disparaissent et le magazine qui continue de se réclamer féministe cesse finalement de paraître quatre ans plus tard. C’est sous l’emblème de la mixité que la troisième génération de dirigeantes va agir pour l’égalité et la libération.

Avec les témoignages d’Elyane Bressol (membre de la commission exécutive et directrice d’Antoinette de 1982 à 1986) Christiane Gilles (secrétaire confédérale de la CGT, responsable du secteur femmes salariées et directrice d’Antoinette de 1975 à 1981) Maryse Dumas (secrétaire générale de la Fédération nationale des PTT puis membre du Bureau confédéral de la CGT) Janine Olmi (secrétaire de l’Union départementale de Meurthe et Moselle, responsable du secteur femmes salariées en Lorraine) Thérèse Poupon (membre de la Commission exécutive de la CGT et responsable du secteur femmes salariées) et Chantal Rogerat (rédactrice en chef d’Antoinette de 1969 à 1982).

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