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Le Dr Marie-Andrée Lagroua Weill Hallé (en 1968 à Paris), fondatrice en mars 1956 de l'association "Maternité heureuse", qui deviendra le Mouvement Français pour Planning Familial.
Épisode 15 :

Le Planning familial en France, la recherche en Hongrie : heurs et malheurs des services publics

52 min
À retrouver dans l'émission

Ce vendredi, actualité éditoriale d'un côté avec la recherche de Danièle Voldman et Annette Wieviorka consacrée au fait-divers qui favorisa l'instauration du Planning familial ; et actualité internationale avec Clara Royer pour analyser la guerre de Viktor Orban contre le monde de la recherche.

Le Dr Marie-Andrée Lagroua Weill Hallé (en 1968 à Paris), fondatrice en mars 1956 de l'association "Maternité heureuse", qui deviendra le Mouvement Français pour Planning Familial.
Le Dr Marie-Andrée Lagroua Weill Hallé (en 1968 à Paris), fondatrice en mars 1956 de l'association "Maternité heureuse", qui deviendra le Mouvement Français pour Planning Familial. Crédits : AFP

Des tristes grossesses à la Maternité Heureuse

Emmanuel Laurentin et Anaïs Kien reçoivent en cette première partie d'émission Danièle Voldman et Annette Wieviorka, directrices de recherches émérites au CNRS, à l'occasion de la sortie de leur dernier ouvrage Tristes Grossesses, L'affaire des époux Bac (1953 - 1956) aux éditions du Seuil. Dans une enquête fouillée, les historiennes reviennent sur ce fait-divers qui avait vu Claude et Ginette Bac condamnés pour la mort de leur quatrième enfant, Danielle, morte de faim et à peine âgée de huit mois. C'est que les époux Bac, submergés par les naissances (cinq en six ans), ont vu leur situation matérielle et sentimentale se dégrader très rapidement... Témoignant en leur faveur lors de leur second procès, la gynécologue Marie-Andrée Lagroua Weill-Hallé fait partie des partisans de la légalisation de la contraception. Ce fait-divers, devenu fait de société, lui permettra de fonder une association, Maternité Heureuse, à l'origine du Planning Familial.

C'est toute l'hypocrisie de cette loi de 1920, qui interdit la propagande et la vente des moyens contraceptifs, et qui a été votée d'un contexte très nataliste, juste après la Première Guerre mondiale. Il y a d'un côté ces interdictions et de l'autre, des raisons à la fois sociales et médicales qui font que les grossesses très rapprochées ne sont pas souhaitables. On dit donc aux femmes et aux hommes "Faites attention, prenez vos précautions". Ce qui ne veut rien dire ! La situation est au minimum hypocrite, et en fait totalement schizophrène. Danièle Voldman

Viktor Orban, le Kulturkampf et la recherche

Des manifestants brandissent des livres pour protester contre la politique universitaire du gouvernement Hongrois, face à l'Académie des Sciences à Budapest, le 12 février 2019.
Des manifestants brandissent des livres pour protester contre la politique universitaire du gouvernement Hongrois, face à l'Académie des Sciences à Budapest, le 12 février 2019. Crédits : Attila KISBENEDEK - AFP

Suspension de l'accès aux archives du philosophe marxiste Georg Lukács en 2015, suppression d’un cursus d’études de genre à l’Université Loránd Eötvös en septembre 2018, refus de prolonger l’accréditation de l'Université d’Europe centrale fondée par Georges Soros en décembre, mise sous tutelle de l'Académie des Sciences... Les charges de Viktor Orban et de son gouvernement contre le monde de la recherche, et notamment la recherche publique, sont de plus en plus rapprochées. Clara Royer, ancienne directrice du Centre français de recherche en sciences sociales de Prague et spécialiste de littérature hongroise, vient discuter avec Emmanuel Laurentin du Kulturkampf ou "guerre culturelle", l'offensive idéologique du Premier ministre Hongrois contre toutes les institutions qui pourraient remettre en question sa vision de la "démocratie illibérale". 

La presse gouvernementale hongroise (qui représente 99% de la presse imprimée en Hongrie) véhicule l'image d'une Académie obsolète, repère de scientifiques communistes. Cette image est complètement fausse. D'abord parce que déjà sous le communisme, dans les années 1970-1980, l'Académie des Sciences était le refuge de tous ceux qui étaient renvoyés ou interdits d'entrée à l'Université. C'est là qu'une grande partie des opposants au régime ont pu travailler et publier dans les revues occidentales. Fondée sur le modèle français du CNRS, elle a été réformée plusieurs fois après la chute du communisme. Aujourd'hui, elle correspond en tous points aux critères d'excellence scientifique demandés par l'Union Européenne - d'ailleurs, l'Académie ces dix dernières années a remporté plus de subventions financées par le Conseil de l'Europe que la Pologne, la Slovaquie et la République Tchèque réunies. Ses recherches sont donc internationalement reconnues. Clara Royer

Pour une présentation détaillée de la situation de la recherche en Hongrie, vous pouvez consulter la plateforme de mobilisations des chercheurs Hungarian Academy Staff Forum (en anglais). 

La chronique « La Fabrique de l’autre » de Catherine de Coppet...

... Aujourd'hui, le mot : "journaliste"

Pour clore cette émission, nous retrouvons notre rubrique C'était à la une !

Une visite à Courbet, paru dans le petit journal, 7 novembre 1871.
Lecture par Nathalie Kanoui, réalisation par Séverine Cassar.

Retrouvez-nous pour le Forum France Culture à la Sorbonne le mardi 19 février ! 

Chroniques
9H53
2 min
C'était à la une
Quand Gustave Courbet purgeait une peine de prison
Intervenants
  • Historienne, directrice de recherche honoraire au CNRS et vice-présidente du Conseil supérieur des Archives
  • Maître de conférence en cultures d'Europe centrale à Sorbonne Université (UMR Eur´ORBEM), ancienne directrice du CEFRES.
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