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Des agents de la mairie récoltent les objets laissés sur le mémorial improvisé aux victimes de l'attentat du Bataclan, le 10 décembre 2015 à Paris. Dessins, messages, photographies, fleurs et ours en peluche sont conservés aux archives de Paris.
Épisode 24 :

Le projet de musée-mémorial des victimes d'attentats // Quand homophobie et antisémitisme vont sur scène main dans la main

52 min
À retrouver dans l'émission

Actualité de l'histoire : Emmanuel Laurentin reçoit aujourd'hui Henry Rousso, nommé à la tête du projet de musée-mémorial dédié aux victimes d'attentats ; et Chantal Meyer-Plantureux, pour son ouvrage sur l'homophobie et l'antisémitisme du théâtre de la fin du XIXème et du début du XXème siècle.

Des agents de la mairie récoltent les objets laissés sur le mémorial improvisé aux victimes de l'attentat du Bataclan, le 10 décembre 2015 à Paris. Dessins, messages, photographies, fleurs et ours en peluche sont conservés aux archives de Paris.
Des agents de la mairie récoltent les objets laissés sur le mémorial improvisé aux victimes de l'attentat du Bataclan, le 10 décembre 2015 à Paris. Dessins, messages, photographies, fleurs et ours en peluche sont conservés aux archives de Paris. Crédits : Joel Saget - AFP

Histoire et mémoire des attentats terroristes

Ce 11 mars, journée européenne d'hommage aux victimes d'attentats et qui deviendra à partir de 2020 une journée nationale d'hommage en France, Emmanuel Macron a annoncé avoir chargé l'historien Henry Rousso de piloter la création d'un musée-mémorial des victimes d'attentats. Nous le recevons ce matin pour discuter de ce projet, de ses délimitations, de ses enjeux, et des axes privilégiés par l'historien pour documenter de tels événements. Car de quels attentats parlons-nous, et comment concilier le musée, lieu d'exploration de l'histoire des événements, et le mémorial, monument pour des mémoires multiples, parfois conflictuelles ? Sur quelles archives s'appuiera ce travail scientifique et mémoriel ?

Il y a la difficulté de la muséification, la difficulté de la définition du terrorisme, la difficulté de la chronologie... Ce qui nous intéresse, c'est que ce type de problèmes bien réels pour les magistrats, les Etats, les citoyens, les associations, soient explicités. Non pas dans un cadre scientifique ou scolaire, mais dans un cadre ouvert au plus grand nombre. Ce sont des notions complexes, et je pense qu'aujourd'hui il est parfaitement possible d'exposer dans un lieu de ce type la complexité de ces phénomènes et d'y apporter quelques réponses. Henry Rousso

Illustration de Sr John Gilbert du Marchand de Venise, de William Shakespeare. Shylock et Tubal se rencontrent. Act III, Scene I. Tiré de The Illustrated Library Shakspeare, publié à Londres en 1890.
Illustration de Sr John Gilbert du Marchand de Venise, de William Shakespeare. Shylock et Tubal se rencontrent. Act III, Scene I. Tiré de The Illustrated Library Shakspeare, publié à Londres en 1890. Crédits : Universal History Archive/UIG - Getty

Antisémitisme et homophobie sur scène et à l'écran

Nous recevons dans cette seconde partie d'émission la professeure en arts du spectacle Chantal Meyer-Plantureux, qui vient de publier son dernier ouvrage Antisémitisme et homophobie. Clichés en scène et à l'écran XIXème-XXème siècles, aux éditions du CNRS. Elle y analyse notamment comment la mise en scène de la communauté juive et de la figure de l'homosexuel-le au théâtre et au cinéma change radicalement à la fin du XIXème siècle, à une époque où les représentations sont en crise suite à la défaite de 1871, et où l'obsession de la dégénérescence ne cesse de prendre de l'ampleur. Figures de l'ennemi de l'intérieurs, boucs-émissaires tous trouvés, ces deux "types" serviront, selon Chantal Meyer-Plantureux, de marionnettes utiles agitées dans les productions culturelles pour construire et consolider le pilier de la Nation : l'homme blanc, catholique, bourgeois, et hétérosexuel.

Les descriptifs de personnages de juifs (comme celui de Gémier jouant Shylock) les désignent aussi comme totalement travestis, couverts de bijoux, de maquillage... Tout cela a aussi à voir avec la détestation de la femme. Le juif n'est pas viril, évidement l'homosexuel ne l'est pas, et ils ressemblent à des femelles : ils sont décris comme hystériques... Il y a tout un discours médical, et policier, qui fait que juifs et homosexuels sont mis dans la même détestation.  Chantal Meyer-Plantureux

Retrouvez la chronique de Catherine de Coppet "La fabrique de l'autre"

... Aujourd'hui, le mot "populiste". 

Et pour clore cette émission, retrouvez notre rubrique "C'était à la une !"

"D’un paysan à un citadin à la veille du départ en vacances", paru dans Le Petit journal, le 3 juillet 1939. Lecture : Nathalie Kanoui, réalisation : Séverine Cassar.

Chroniques

9H53
4 min

C'était à la une

Lettre ouverte d'un paysan à un citadin... en juillet 1939
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