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El Caracol, l’Observatoire, une structure unique du site de Chichen Itza datant de la civilization Maya pré-colombienne. Env. 906 après JC.
Épisode 29 :

Histoire(s) des peuples d'Amérique // Hommage à Marie-Claude Brossollet

53 min
À retrouver dans l'émission

Pour cette émission d'actualité, nous recevons Carmen Bernand à l'occasion de la sortie de son ouvrage Histoire des peuples d'Amérique ; puis nous rendrons un hommage à l'éditrice Marie-Claude Brossollet, avec Gérard Noiriel et Joël Cornette.

El Caracol, l’Observatoire, une structure unique du site de Chichen Itza datant de la civilization Maya pré-colombienne. Env. 906 après JC.
El Caracol, l’Observatoire, une structure unique du site de Chichen Itza datant de la civilization Maya pré-colombienne. Env. 906 après JC. Crédits : Universal History Archive / UIG - Getty

Une histoire des peuples d'Amérique émancipée des sources occidentales

Des "Indiens" aux "Native Americans", en passant par les Mayas, Aztèques, Incas, et bien d'autres encore, comment raconter l'histoire de ces peuples originaires du vaste continent américain, que l'on ne connait souvent que par le prisme des conquistadores et des missionnaires qui furent les premiers à les décrire sur le Vieux continent ? Dans son dernier ouvrage, Histoire des peuples d'Amérique (Fayard, 2019), Carmen Bernand, anthropologue et historienne, répond ainsi : en s'émancipant des sources écrites par ces mêmes personnages, sans bien sûr les ignorer totalement. Professeure émérite de l'université Paris-X, Carmen Bernand a étudié l'anthropologie à l'Université de Buenos Aires et s'est intéressée aux populations andines lors de ses premiers travaux en Argentine et au Pérou. 

Pour cette histoire des peuples indigènes d'Amérique, il s'agit donc de remonter plus loin que les sources écrites ; décrire des époques où les frontières et les Etats-nations du XIXème siècle n'existaient pas, un passé "préhistorique" - aux yeux du Vieux Monde seulement. Sans prétendre à une impossible exhaustivité, Carmen Bernand dégage cinq éléments fondamentaux de cette histoire : "les trajets et réseaux d'échanges, la violence sacerdotale et le sacrifice, la force agissante des signes sacrés gravés, et la Montagne sacrée, source de vie dans la configuration de l'imaginaire indigène". 

Avant les Incas et les Aztèques, que nous connaissons bien, il y a eu des civilisations qui ont duré longtemps et qui ont préparé ce terrain "formatif" - le mot n'est pas de moi mais des archéologues - et l'on voit des choses extraordinaires. L'Amazonie, considéré comme un terrain vierge, maintenant on sait qu'il y a eu de grandes habitations et cités en Amazonie, et qu'il n'y a pas eu de coupure avec les Andes mais bien contact ! On voit là la mise en place des idéologies qui ont permis l'élaboration de grands Etats - qui sont ceux que nous connaissons le mieux. Carmen Bernand

La montagne physique (et les montagnes artificielles que sont les pyramides qui parsèment le continent du nord au sud) est le support d'une vision du monde qui est très particulière, avec ciel, terre, bref les axes.. Cela m'a fasciné parce que les symboles qui apparaissent sont comparables - sans être jamais les mêmes, ce sont des variantes. La figure du chasseur et de la proie, la régénération, la montagne... Comment peut-on expliquer ça ? Il y a une permanence dans l'histoire tout à fait intéressante. Carmen Bernand

Nous retrouvons ensuite Catherine de Coppet pour sa chronique "La Fabrique de l'autre" : aujourd'hui, le mot "migrant".

Hommage à Marie-Claude Brossollet

Gérard Noiriel et Joël Cornette se joignent à Emmanuel Laurentin pour rendre hommage à l'éditrice Marie-Claude Brossollet, dernière dirigeante familiale de la maison Belin. Ils ont chacun, grâce à elle, mené des projets éditoriaux historiques d'envergure : la série de L'histoire de France pour Joël Cornette, la revue Genèses et la collection Socio-histoires pour Gérard Noiriel.

J'ai été très frappé par sa grande rigueur morale et intellectuelle, son souci de la qualité du livre, son respect du lecteur : c'était une humaniste, au sens du partage du savoir. Pour elle, le livre était un moyen de communication, d'émancipation, et c'est pour cela qu'elle était attentive jusqu'au moindre détail des illustrations, des rapports entre l'image et le texte. Elle pouvait ajouter une centaine d'illustrations à un ouvrage jugé "gris" qui en comptait déjà une centaine, ce qui est tout à fait extraordinaire puisque les illustrateurs rechignent sur les illustrations qui coûtent très cher - pour le plaisir du livre ! Il y a quelques jours encore à l'hôpital, elle lisait un livre sur les débuts du christianisme dans l'empire romain. C'était une dévoreuse de livre, elle avait un savoir océanique. Joël Cornette

J'avais avec des collègues sociologues te politistes le projet d'une nouvelle revue interdisciplinaire ; j'avais frappé à plusieurs portes, sans succès. Elle a accueilli le projet avec enthousiasme, et une curiosité intellectuelle qui dépassait la stricte discipline historique. Le projet de Genèses, c'est aussi l'historicité, ça l'a d'emblée intéressée et elle nous a toujours soutenus : d'ailleurs aujourd'hui la revue Genèses est l'une des principales revues de sciences sociales et je crois qu'il faut rappeler le rôle essentiel qu'elle a joué dans son lancement. Gérard Noiriel

Retrouvez Amélie Meffre pour sa chronique "Un saut dans la loi" : aujourd'hui, le traité d'adhésion du Royaume-Uni à l'Union Européenne du 22 janvier 1972.

Enfin, pour clore cette émission, retrouvez notre rubrique C'était à la une ! en partenariat avec Retronews.

Chroniques

9H53
4 min

C'était à la une

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Intervenants
  • historienne et anthopologue, professeur à Paris X-Nanterre

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