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Représentation de la pièce 'Paradise Now' interprétée par la troupe du Living Theater au Festival d'Avignon, France, en 1968.
Épisode 1 :

Jacques Livchine : "Les souvenirs de théâtre s'accumulent et nous rendent la vie plus confortable, l'art est une arme de construction massive"

52 min
À retrouver dans l'émission

Entretien avec le grand témoin Jacques Livchine, pionnier du théâtre de rue, opposé à l'institutionnalisation du théâtre et ses publics acquis d'avance.

 Jacques Livchine et Hervée Delafond avec leur spectacle " La 2CV Théatre"
Jacques Livchine et Hervée Delafond avec leur spectacle " La 2CV Théatre" Crédits : Nicoleon via Wikipedia

Jacques Livchine, cofondateur du Théâtre de l'Unité créé en mars 1968, l'un des défenseurs de la revue de théâtre Cassandre, a cofondé à Montbéliard le Centre d'art et de plaisanterie, puis s'est installé à Audincourt, au Studio des Trois Oranges.

Il ne cesse de critiquer ce qu'il appelle le système "castique" du théâtre public aujourd'hui, qui a oublié de combattre pour un véritable théâtre qui accueillerait dans ses salles ou dans la rue toutes les catégories de la population. 

Je suis extrêmement fâché, extrêmement choqué par l'évolution du théâtre entre les pionniers de la décentralisation et ce qui arrive aujourd'hui. Et c'est un système auquel on n'a absolument pas le droit de toucher et qui est très, très protégé. Et à partir du moment où vous touchez, vous êtes donc blacklisté.

Vous apprenez plus vite la vie par le théâtre que par les bouquins.

Moi-même quand j'étais petit bourgeois, 16e arrondissement, au lycée Claude-Bernard... Un jour je prends mon Solex et je vais au Théâtre des Champs Elysées, où je vois une pièce de Planchon. Le monde a basculé ce jour-là parce que le théâtre fait bouger les mentalités. 

Moi, je suis complètement obsédé par les caissières de supermarchés et les femmes de ménage, et le boucher. Je me demandais toujours pourquoi ces gens-là ne vont pas au théâtre. À Issy-les-Moulineaux, dès la première, on avait réussi à attirer tous les commerçants de la ville et tout. On avait fait une vraie séance pour tout le monde. Moi ce que j'aime c'est la mixité. C'est pas que j'aime la mixité du public, c'est que le spectacle est meilleur quand le public est mixte.

L'apprentissage du théâtre de rue

Au début, on croyait que le public n'allait rester que cinq minutes parce que le public dans la rue il est gratuit. Donc il passe, il regarde et il faut jouer sans arrêt à 150% pour le garder. Ce qu'on appelle chez nous le cercle. C'est-à-dire qu'il y a une sorte de mayonnaise qui prend, 3 qui s'arrêtent, puis 4, plus 5, puis 10. Quand ont commencé les festivals de théâtre de rue à Aurillac ou Chalon, il n'y avait personne quand on commençait à jouer. C'était magnifique, d'ailleurs. On se jetait à l'eau, on disait "on y va, il faut commencer". Et c'est là qu'Hervée avait son premier mot, elle disait "Dégagez, il n'y a rien à voir !" Et en France quand vous dites "dégagez, il n'y a rien à voir", tout le monde vient regarder. On a appris très vite qu'il fallait jouer ce petit jeu d'être toujours illicite, de dire que c'est interdit. 

Intervenants
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