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Comment penser le monde où nous vivons ?

1h
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Le réel n'est jamais beau aimait à dire Jean Paul Sartre. Il n'en est pas moins l'objet d'une quête incessante chez la plupart des penseurs. La philosophie a toujours voulu le réel et il est rare de trouver des philosophes qui n'aient pas la passion du réel. La division du réel et de la réalité est surdéterminée par la philosophie qui est animée d'un platonisme fondamental. Celui-ci n'a de cesse de réajuster au gré des siècles la division entre le sensible et l'intelligible, entre l'empirique et le logique, entre l'événement et le sens. C'est pourquoi dès son apparition, la philosophie est une auto-fondation du réel, une pensée auto-englobante dont il est difficile, hors la psychanalyse et les arts, parfois la science, de se départir. La philosophie a la passion du réel, elle a la passion des masques et des apparences qui voilent la réalité ou la dévoile, mais elle a aussi la passion du réel « en soi ». Dans la métaphysique classique ou dogmatique, les deux instances se recouvrent, et la raison, c'est selon, épouse les phénomènes ou bien les domine. Mais chez Kant, déjà, elles se dissocient et le réel en soi reste une simple pensée, un foyer virtuel qui ne parvient pas jusqu'à la connaissance, autant dire une terre promise. Les scientifiques qui ont la passion de la recherche ne sont pas forcément soumis à ces découpages conceptuels. Ils n'ont pas forcément besoin de se prononcer sur la beauté du monde ou de dénoncer ses allures de mauvais film. Mais il peut leur arriver de sauter hors du monde pour le contempler de l'extérieur, tel Newton, il peut leur arriver de trouver leur théorie très belle. Les scientifiques ne renoncent pas toujours à l'antique théorie selon laquelle la vérité consiste dans la correspondance de nos idées avec la réalité. Il n'est pas que Karl Popper pour affirmer que la théorie de la connaissance se doit d'être objectiviste et le sujet connaissant un pur esprit. L'animal parlant désire souvent se hisser par la pensée au-dessus de lui-même et se réfléchir comme un objet du monde faisant ainsi abstraction de son corps sensible, de ses blessures, ou de ses rêves. Que faire de ce paradoxe ? Et comment passer de la scène cachée à la scène consciente sans en trahir aucune ? Cela revient à se demander comment il est possible d'écrire la science....

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