LE DIRECT

Pour une véritable politique de l'enfance

58 min
À retrouver dans l'émission

C’est une question obsédante. Pourquoi certains enfants sont-ils sacrifiés sur l’autel du nihilisme ambiant ? Comment une société en arrive-t-elle à sacrifier ses propres enfants ? Ou plutôt quelle est la part de responsabilité de chacun de nous dans cette destruction de l’enfance et de la jeunesse ? Il faut toujours se méfier de celui que Simone Weil appelait le monstre froid. L’État a évidemment sa part de responsabilité en matière de politique de l’enfance et de l’adolescence. Mais il ne peut pas tout. Et les parents comme les adultes ont aussi la leur. Les professionnels de l’enfance aussi.

L’insouciance, la spontanéité, l’imprévu, la surprise, toutes ces merveilles du monde de l’enfance, font-ils encore partie de notre monde ? Bien sûr, il serait désuet de croire l’enfance innocente. Elle peut être cruelle, comme le sont les adultes. Et nul n’est à l’abri de cette cruauté. Mais dans le grand jeu social, il est néanmoins des manières de jouer qui ne se ressemblent pas. Tout ne se vaut pas. Et dans le grand jeu entre les générations, il est des façons de se conduire, et de transmettre, qui sont meilleures que d’autres. Ce n’est pas une question de bonnes intentions, mais cela tient au savoir-vivre, au savoir-faire, à la circulation des mots et des corps dans l’espace public et privé. Cela tient à la confiance qui s’établit entre ceux qui ont charge de l’enfance et les enfants ou adolescents. Cela tient à l’idée que l’on se fait de l’éducation, de la socialité.

Tout se passe cependant comme si le spectre de la délinquance venait troubler ce noble jeu. Il faudrait tout prévoir. Il faudrait pouvoir tout prédire. Il faudrait être capable de tout canaliser, les pulsions, comme le reste….

Pauvres enfants, à force de les observer, de les jauger, les évaluer, de vouloir dépister leur trouble, ils vont finir par étouffer. D’où vient donc cette manie de les scruter comme des animaux en cage ?

Le retour en force des idées déterministes n’est pas une lubie. Une chose en effet est d’inculquer un système normatif élémentaire à chaque enfant une autre est de tenter de normaliser leur esprit. L’idée que tout se joue avant trois ans ou six ans fait aujourd’hui des ravages. Au lieu de donner du temps au temps, nombre de programmes d’éducation se satisfont d’un zèle préventif qui frise le contrôle social exacerbé

Ces questions sont obsédantes.

Elles seront l’objet de notre discussion durant cette émission….

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
À venir dans ... secondes ...par......