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Comment le cinéma muet peut-il rendre compte du fracas des tranchées ?
Épisode 1 :

Quel bruit fait la guerre dans le cinéma muet ?

6 min
À retrouver dans l'émission

Si la Grande Guerre n'est pas le premier conflit contemporain du cinéma - ce fut la guerre américano-espagnole menée à Cuba en 1898, c'est bien elle qui forgera, et pour longtemps, la grammaire visuelle des actualités. Et contribuera à la naissance d'un cinéma bruissant... avant d'être parlant.

Comment le cinéma muet peut-il rendre compte du fracas des tranchées ?
Comment le cinéma muet peut-il rendre compte du fracas des tranchées ? Crédits : Bettmann - Getty

Anaïs Kien s'entretient avec l'historien Laurent Véray du bruit de la guerre dans le cinéma... muet ou comment les représentations de la Première guerre mondiale ont stimulé l'avènement d'un cinéma bruissant... puis parlant.

Pendant la Première Guerre mondiale, les films de guerre, qu’ils soient des documentaires d’actualité ou des fictions, sont muets. A l’époque on ne sait pas enregistrer le son direct. Le son n’est pourtant pas absent des cinémas puisque chaque projection se fait avec des bonimenteurs qui commentent les images ou lisent des intertitres, ou avec un accompagnement musical, joué par un orchestre ou plus souvent un pianiste. Il y a aussi des tentatives avec des bruiteurs qui reproduisent certains sons en direct, comme une sorte de performance. On sait aussi grâce aux archives que certains orchestres ont essayé d’imiter les sons de canonnade par exemple. Mais il faut attendre l’après-guerre pour avoir des sons plus réalistes. En 1925, lors de la sortie en France de La Grande parade de King Vidor, le son est la dimension qui frappe le plus critiques et spectateurs, même s’il est (encore) reproduit par des machines. Ce n’est qu’en 1930 avec A l’ouest rien de nouveau du réalisateur américain Lewis Milestone que les spectateurs pourront entendre pour la première fois des sons réels enregistrés et synchronisés avec l’image : le crépitement des mitrailleuses, l’explosion des obus, tous ces sons de guerre dont les anciens combattants parlaient beaucoup, puisque l’expérience combattante était davantage sonore que visuelle. Les anciens combattants parlant plus de ce qu’ils avaient entendu que de ce qu’ils avaient vu.                        
Laurent Véray

#phonoscène #A l’ouest rien de nouveau #Lewis Milestone #G. W. Pabst #1930

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