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Cour d'Assises du Maine et Loire

Un an de #MeToo/Affaire Sauvage : la médiatisation nuit-elle à la justice ?

19 min
À retrouver dans l'émission

Les violences conjugales, les médias et la justice. Un an après #MeToo, où en est-on ? Les médias ont-ils de fait contribué à libérer la parole des femmes et les accusations ont-elles donné lieu à des poursuites judiciaires ? Si tel est le cas, est-ce une bonne chose ? Avec quelles conséquences ?

Cour d'Assises du Maine et Loire
Cour d'Assises du Maine et Loire Crédits : Francis DEMANGE/Gamma-Rapho - Getty

Alors qu’on célèbre depuis hier le premier anniversaire de l’affaire Weinstein et du mouvement MeToo, mouvement déclenché par la presse, cette semaine plusieurs affaires ont été médiatisées et posent question. Celle de Jacqueline Sauvage d’abord, du nom de cette femme condamnée à dix ans de prison pour avoir tué son mari violent, puis graciée en 2016 par le président Hollande. TF1 a diffusé lundi dernier un téléfilm avec Muriel Robin dans le rôle de Jacqueline Sauvage, et cette fiction a donné lieu à des tribunes, des appels et des échanges par presse interposée entre avocats de la défense et avocat général, ce qui n’est pas sans poser question. 

A côté de cette affaire, une autre, médiatisée cet été, a trouvé son achèvement avant-hier par un procès et une condamnation : l’homme qui avait agressé une femme dans la rue, agression dont la vidéo avait tourné en boucle, a été condamné à six mois de prison ferme, mais « pour violence aggravée » et non pour « harcèlement sexuel ».

Alors un an après MeToo, où en est-on ? Les médias ont-ils de fait contribué à libérer la parole des femmes et les accusations ont-elles donné lieu à des poursuites judiciaires ? Si tel est le cas est-ce une bonne chose ? Avec quelles conséquences ? Emballement médiatique qui nuit à la présomption d’innocence et au bon fonctionnement de la justice ou travail d’intérêt public ?  

Corinne Audouin :

L’affaire Jacqueline Sauvage c’est une affaire hors norme depuis le début. Les médias ont été là tout de suite, invités par des avocates qui ont décidé de médiatiser l’affaire. Les médias, nous sommes une caisse de résonance.

Lenaïg Bredoux :

La couverture médiatique de ces violences n’est pas à la hauteur de ce qu’elles représentent dans la société. Il y a un problème de politique publique et de traitement médiatique. Tous les trois jours, une femme meurt de violences conjugales. On ne sort pas dans la presse tous les trois jours le cas d’une femme qui meurt sous les coups.

Il se trouve que la très grande majorité des témoignages a été fait anonymement. On nous parle de dérives, mais où sont les dérives ? Il y a une déontologie, des règles dans la presse.

La seule vérité qui existe n’est pas seulement la vérité judiciaire. La presse n’est pas soumise aux mêmes règles de prescription que la justice. Nous, journalistes, ne sommes pas des auxiliaires de justice.

Les témoignages ne sont pas forcément des plaintes. Penser que la seule réponse à Metoo est d’aller porter plainte dans un commissariat est un raccourci.

Corinne Audouin :

On a à faire à une espèce de rouleau compresseur des réseaux sociaux. On peut parler de ce qui est reproché à Monsieur Polanski sans jeter l’artiste avec par exemple. Tout ça est très complexe et les médias ne sont plus le filtre. Il n’y a plus de filtre. 

Pour aller plus loin : 

Jacqueline Sauvage, la fiction au prisme du réel, par Corinne Audouin

Pourquoi #MeToo nous oblige, par Lenaïg Bredoux

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