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The Act of Killing (L'acte de tuer)

27 min
À retrouver dans l'émission

A l’occasion du film "The Act ok Killing" de Joshua Oppenheimer (sortie en salles le 10 avril), discussion sur la reconstitution cinématographique d'un massacre comme exercice de cinéma vérité.

Avec :

Philippe TRETIACK

Emmanuel LINCOT

Pascal ORY

Philippe Tretiack : « C’est un film qui suscite incontestablement un certain nombre de malaises. […] Et le film développe ces malaises à plusieurs niveaux : 1) d’abord ces gens ne sont pas du tout honteux, mais au contraire revendiquent leurs actes 2) ensuite, ils ont pris de l’âge et ils rejoignent leurs meilleurs moments de jeunesse 3) enfin, il y a la question de la manipulation faite par le réalisateur de ses propres acteurs. On se demande dans quelle mesure le réalisateur ne les pousse pas lui-même à donner le pire d’eux-mêmes. Ce film est une mise en abîme de la culpabilité à la fois des acteurs, du réalisateur, peut-être même des voyeurs que nous sommes, mais aussi des gens qui ont peut-être oublié une partie de cette histoire. Voilà pourquoi ce film est sidérant. »

Pascal Ory : « Les bourreaux plastronnent, ils triomphent. Et on est sidérés par ce film atroce. C’est un film gore, un film d’horreur, et de la vraie horreur. C’est le triomphe du mal. […] : le crime, le sadisme dans le crime. […] Mais à l’inverse, je ne m’attendais pas à trouver ce mot obsessionnel qui est « gangster ». On a affaire à un discours assez extraordinaire d’exaltation du gangstérisme comme synonyme de liberté. »

Emmanuel Lincot : « La cas indonésien est un mixte de populations. Denys Lombard l’avait dit dans le livre « Le carrefour javanais » et il faut lire ce livre. Il montre qu’il y a eu des influences à la fois indiennes, mais aussi persanes, chinoises, etc. C’est véritablement un creuset culturel mais aussi idéologique. »

Pascal Ory : « Ce que je vois dans le film, c’est à quel point la responsabilité du système culturel est engagée dans les pires atrocités […] : le patron de presse, la télévision et le cinéma. »

Emmanuel Lincot : « Et ça fait réfléchir aussi en termes de méthodologie : on peut se demander s’il y a une pertinence à avoir recours à une forme de théâtralisation de la non-fiction. C’est très ambigu mais en même temps le message porte. […] Et c’est un film relativement inédit dans son procédé parce qu’il n’y a pas d’images d’archives. »

Sons diffusés :

  • Bande-annonce et musique du film

  • Archive de JOSHUA OPPENHEIMER, entretien avec Sam Taylor au European Film College le 05/12/12

  • Archive de RITHY PANH dans « Projection Privée » du 22/02/04

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 11.04.2013 intitulée « La question de la Convention collective du cinéma », cliquez ici.

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