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Alexandre Desplat recevant l'Oscar de la meilleure musique de film pour "The Shape of Water", le 4 mars 2018.

Alexandre Desplat, l’original

28 min
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Quel rôle tient la musique dans un film ? Comment travaille un compositeur de musique de films ? On en parle avec Alexandre Desplat, compositeur de musique de films oscarisé, invité à la Maison de la Radio pour un concert très cinéphile avec l'Orchestre National de France, le 6 décembre 2018.

Alexandre Desplat recevant l'Oscar de la meilleure musique de film pour "The Shape of Water", le 4 mars 2018.
Alexandre Desplat recevant l'Oscar de la meilleure musique de film pour "The Shape of Water", le 4 mars 2018. Crédits : Mark Ralston - AFP

Alexandre Desplat, l’original ... 

Mi-mélomane, mi-cinéphile, il est le plus célèbre compositeur français de musique de films. Compositeur attitré de Jacques Audiard, de Wes Anderson, de Roman Polanski, de Stephen Frears, il sera en concert ce jeudi à 20h et samedi à 17h au Grand Auditorium de Radio France avec l’Orchestre national de France, qu’il retrouve après l’enregistrement de la partition du film Valérian de Luc Besson. Deux fois oscarisé, pour The Grand Budapest Hotel et La Forme de l’eau, auteur de plus de 150 bandes originales, Alexandre Desplat est notre invité.

Je pense que c’est un challenge dès qu’on est dans une démarche artistique, on n’a pas envie de se répéter tellement, on a envie d’aller explorer d’autres territoires, des terra incognita, avec la contrainte évidemment de ce qu’un film peut imposer. […] Le fait de pouvoir rebondir me permet de grandir. (à propos du fait qu'il se réinvente film après film et refuse de se limiter à un style musical)

J'ai été très influencé par l'Amérique en général et la musique américaine. (à propos de sa formation)

Quand j'imaginais avoir un orchestre idéal entre mes mains, c'était un orchestre symphonique, où il y avait tous les timbres, mais auquel j’aurais peut-être mis un orchestre de jazz en plus. (à propos de son esthétique et de son goût pour les ensembles à cordes)

[Mon tempérament] est plutôt lyrique, parfois épique, quand l'occasion se présente. […] Mais plutôt retenu, j'ai une espèce de pudeur naturelle quand j'écris de la musique.

C’est un métier très étrange, la musique de films. On est au service d’un projet commun, d’une œuvre collective, et puis il y a toutes ces contraintes, de temps, de deadlines, aussi d’échanges, de communications avec le metteur en scène. […] Ces contraintes vous ouvrent un champ différent. Ce sont des contraintes positives, je dirais. Pour moi, écrire pour n’importe quelle formation est un plaisir que je m'accorde. Je choisis la formation d’orchestre que j'ai envie d'utiliser. (à propos des contraintes du cinéma)

Je n’ai pas peur de chercher jusqu'à ce que je sente que la musique est devenue vraiment l'image. Elle n’est plus seulement la musique, elle est dans le film.

Mon travail, […], ce n’est pas d'écrire de la musique, c'est de comprendre le langage du metteur en scène. […] C’est ce contact-là avec l’image qui est important. (à propos de son ambition de compositeur)

Chacun a un imaginaire que la musique suscite. Mais je pense qu’il faut comprendre que la musique de film, quand elle est réussie, entre en vibration avec l'image. Il y a quelque chose d'indissociable.

J’ai envie d’être sur le plateau. J’ai envie d’être dans le film, de tourner derrière les acteurs et les actrices, d’être avec eux, de les regarder d’en haut, d’en bas, de derrière, comme une caméra. Parce que la musique donne ça, elle donne cet angle, cette troisième dimension, cette profondeur du champ, cette ouverture du cadre, ou ce resserrement du cadre.

Certains films n'ont pas besoin de mélodie, la mélodie écraserait le film. Et d'autres l’appellent en hurlant, ils ont besoin d’une mélodie.

C'était très impressionnant évidemment de prendre le relais de John Williams. Mais c'est un challenge qui est nécessaire pour un compositeur, de se mettre dans un danger tel, à la fois de prendre le relais d’un grand compositeur qui a créé la série, mais aussi de se retrouver confronté au poids de deux heures vingt de musique à écrire en très peu de temps. (à propos de son travail sur Harry Potter)

Je pense que ce contrepoint entre ma musique lyrique et son cinéma beaucoup plus sec, beaucoup plus tendu, donne une vibration qui a fait que notre collaboration a fonctionné. (à propos de sa collaboration avec Jacques Audiard)

Ce qui m’attire en priorité, ce sont les personnages. Ce sont les personnages à qui je vais donner encore plus de chair, encore plus de profondeur – leur passé, leur futur.

Le cinéma reste mon jardin préféré.

Extraits sonores :

  • Extrait des deux remises d'Oscar à Alexandre Desplat
  • Extrait d'un documentaire de la Rai sur Nino Rota (date inconnue), où ce dernier raconte comment il travaille avec Fellini 
  • Extraits de différentes bandes originales composées par Alexandre Desplat : La Forme de l'eau, Moonrise Kingdom, Un héros très discret, The Ghost Writer, Fantastic Mr. Fox, Le Voile des illusions, The Grand Budapest Hotel, Harry Potter et les Reliques de la Mort 
Intervenants
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Réalisation
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