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Brest Easton Ellis

Bret Easton Ellis, corrosif

27 min
À retrouver dans l'émission

Grand retour de l'écrivain visionnaire, Bret Easton Ellis, l'auteur de "American Psycho", qui publie son premier recueil de non-fiction : "White" (Robert Laffont, mai 2019), une réflexion sur l'Amérique du post-Empire.

Brest Easton Ellis
Brest Easton Ellis Crédits : Casey Nelson 13

J'aime les romans, mais je ne les écris plus.

Bret Easton Ellis a fait paraître White le 2 mai aux Editions Robert Laffont, dans une traduction de Pierre Guglielmina. Il y a 10 ans qu’il n’écrivait plus de littérature. White est son premier recueil de « non-fiction », qui porte un regard rétrospectif sur sa traversée des années 1980, 1990 et 2000. La plupart des textes et des essais sont la version « littéraire » de ses podcasts. Ce livre est une charge virulente contre l’époque du politiquement correct et la montée en puissance d’une approche identitaire de l’art. Il nous parle de son rapport à l’écriture aujourd’hui, de cinéma et du politiquement correct. Il est aussi question de la génération des « millenials »...

Il revient également sur son lien à l'écriture et aux livres aujourd'hui...

Tous ces gens qui ont des problèmes psychologiques sont comme les personnages de mes romans. Mais tous ces millennials, ce serait beaucoup trop emmerdant à écrire en fiction. Je suis arrivé à un point où je pense que les thèmes importants à explorer dans les romans, c'est par d'autres voies que je veux les explorer. Je veux sortir de l'ère analogique et passer dans l'ère numérique. (Bret Easton Ellis)

Ecrire White a aiguisé mon appétit de revenir à la fiction. Je vais revenir à la fiction cet été. Ça m'a ré-encouragé à écrire de la prose, parce que je n'ai pas écrit de la prose depuis une décennie... (Bret Easton Ellis)

Bret Easton Ellis livre ses réflexions sur la société contemporaine et la communication à l'heure des réseaux sociaux. 

Il y a un océan de voix, et tout le monde a sa propre opinion. Pour qu'elle soit entendue, il faut la hurler le plus fort possible. C'est beaucoup plus dur d'avoir une conversation lorsque les gens se hurlent dessus. "White" est un appel au débat, à la conversation, pour que chacun se calme et qu'on s'écoute. (Bret Easton Ellis)

Peut-être qu'il il n'y a pas assez de gens qui lisent des romans, comme notre président. Lorsqu'on lit des romans, on se met à la place de quelqu'un d'autre et c'est là que naît l'empathie. (Bret Easton Ellis)

La littérature et les arts en particulier seraient atteints par le politiquement correct, l'ordre moral venant les censurer : 

"Notre époque est très sensible : à moins de ne pas être dans la ligne des gens qui pensent certaines choses sur les films où il y a des gens de couleurs, vous êtes un raciste. L'idéologie a pris le pas sur l'esthétique (...). Je rejette tous les films s'ils deviennent plus idéologiques que ceux que j'apprécie."

Cette notion de "liberté de parole" est menacée dans notre culture. Je ne sais pas comment ça se passe en France, mais la liberté d'expression est menacée aux Etats Unis, et c'est particulièrement vrai pour les artistes. Il y a des choses que vous avez le droit d’explorer et des choses que vous n'avez pas le droit d'explorer. Dans les maisons d'édition, c'est ce qu'il se passe : on ne veut pas offenser. Mais, moi, je veux explorer les choses taboues.

Nous sommes finalement passés de l'ère coloniale à une ère post-coloniale, sous le règne de la culture d'entreprise...

Extraits sonores : 

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Réalisation
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