LE DIRECT

Du bon usage des écrans pour les enfants

27 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de la publication d'un rapport de l'Académie des Sciences intitulé L'enfant et les écrans (éd. Le Pommier, consultable en ligne), et de l'ouvrage du mouvement La Main à la Pâte intitulé Les écrans, le cerveau... et l'enfant (éd. Le Pommier, consultable en ligne).

Avec Sébastien BALIBAR , Antonio CASILLI et Geneviève BRISAC .

Sébastien Balibar : « L’avis rendu par l’Académie des Sciences est nuancé. Il montre que les écrans sont capable du meilleur et du pire. Face à ces aspects contradictoires, les réactions sont multiples. Certains commentateurs sont enthousiastes, face à la perspective d’un développement psychomoteur accéléré chez les enfants. Michel Serres semble ainsi avoir un émerveillement optimiste. Quel est l'aspect concret de l'avis de l'Académie ? Il indique qu’il faut s'autoréguler. La fondation La Main à la Pâte ainsi propose des séances pour maîtriser les nouveaux outils de la communication, et en limiter les effets néfastes. Cela suffira-t-il ? Un retour d'expérience est nécessaire. Le problème est aigu, et il faut bien en prendre conscience. L'addiction aux écrans doit être prise en compte. Je pense qu'il y a une addiction très forte à un certain nombre de pratiques d'objets que l'on résume sous le nom d'écrans. Il faut garder la faculté de penser, de réfléchir. Pour réfléchir, il faut du temps et de la concentration, et la messagerie électronique et ses bips m'en empêchent. L'usage de ces objets à l'Assemblée Nationale, par des députés qui jouent au Scrabble, est dangereux pour notre démocratie. Il faut donc prendre des mesures, quitte à ce que cela soit choquant. Il faut interdire la pratique des écrans et des réseaux sociaux dans les salles de classe. » Antonio Casilli : « C'est la première fois qu'on commence à établir certains repères, dans les conseils qu'on peut donner aux parents pour qu'ils accompagnent leurs enfants. La prise de position du rapport sur la cyber-addiction est très intéressante, car elle affirme que cette notion n'a pas de solidité scientifique. Il faut plutôt parler d'usage excessif, et en interroger les raisons. L'avis révèle l'importance de l'injonction des parents pour encadrer l'usage des enfants, et ils feraient bien de prendre leurs propres responsabilités. Il est difficile de ne pas retomber dans le vieux clivage entre technophiles et technophobes. Ecrans et dispositifs d'interaction sont là, et nous devons faire avec. Il faut faire attention quand on invoque des solutions autoritaires pour empêcher certains usages. Ainsi, la différence entre la cigarette et le téléphone mobile, c'est que le téléphone est un outil d'interaction. Quand les professeurs voient que leurs élèves twittent, ils devraient s'interroger sur la qualité de leurs cours. » Genevièce Brisac : « Il faut se soucier des enfants, mais il faut aussi se soucier de ce qu'on fait soi-même. Les pères passent leur temps à regarder leurs mails à table, des gens regardent leurs mails pendant les films dans les salles de cinéma. La question est de savoir en quoi la question des autres est impliquée dans notre relation aux écrans. Cela rappelle les débats sur la télé. On n'utilise pas de la même façon les différents types d'écrans. » Sons diffusés :

  • Olivier Houdé dans Rue des écoles , le 2 février dernier.

  • Gil Scott-Heron, « The revolution will not be televised ».

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 8 février intitulée « Rencontre entre Brigitte Jaques-Wajeman et Jean-Yves Ruf », cliquez ici.

Intervenants

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......