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Exception culturelle, une victoire à la Pyrrhus ?

27 min
À retrouver dans l'émission

Avec :

Pascal ORY

Fabienne SERVAN SCHREIBER

Peter GUMBEL

Pascal Ory : « Toute victoire est provisoire, mais c’est clairement une victoire. Il ne faut pas oublier qu’il y a eu deux décisions convergentes : la décision du Conseil européen en juin et le vote massif du Parlement européen en mai. (…) Bien étendu, il faut se mettre d’accord sur les termes. Si on lit par exemple le Daily Telegraph , il y a une confusion entre « exception culturelle » et « exception française ». Ce serait dire que la culture française est au-dessus de tout et qu’elle se défend, alors qu’il s’agit de dire que les activités culturelles (incluant les industries culturelles) doivent faire l’objet d’un traitement d’exception. De plus, le gouvernement français utilise depuis quelques années le mot de « diversité ». Prenons le domaine du cinéma. Le CNC est une institution complexe qui associe le secteur privé et la réglementation publique. Quand on regarde le site du CNC, il y a des dizaines de pages de formes d’aide, (…) moyennant quoi il y a encore un cinéma français, moyennant quoi il y a aussi des films chinois, iraniens ou africains qui peuvent voir le jour parfois seulement dans des salles françaises (ça, c’est le problème), mais parce qu’il y a le CNC français. Donc il est bien question de diversité. »

Peter Gumbel : « J’ai travaillé très longtemps avec les médias américains et je suis né en Angleterre. Ce qui est très intéressant en France, c’est la façon dont est formulé ce besoin de protéger. On ne dit pas en France : il faut absolument faire rayonner la culture française partout dans le monde. Non on dit : il faut absolument protéger la culture française contre des ennemis. C’est surtout ça, le discours que j’entends. Je me pose donc la question de savoir si finalement, avec l’argent qu’on dépense en France (deux fois plus que les Allemands, trois fois plus que les Britanniques), avec les subventions publiques, avec cette exception culturelle, on n’est pas en train de simplement subventionner la médiocrité ? Ou, est-ce qu’on est vraiment en train de protéger et de faire rayonner la culture française et européenne dans le monde ? »

Fabienne Servan Schreiber : « C’est vrai qu’il s’agit de protéger, mais il s’agit aussi de promouvoir, construire, aider, faire rayonner. Quand vous parlez d’industrie subventionnée, c’est plutôt une industrie régulée. (…) Il y a ce système dans lequel, quand vous payez un billet de cinéma, une partie de l’argent retourne immédiatement via le CNC à la production de film. Vous pouvez appeler ça de la subvention, c’est un système de régulation qui vient des professionnels eux-mêmes. C’est une bataille régulière qui a commencé dans les années 40, a continué dans les années 90, etc., car nous considérons en France que la culture n’est pas une marchandise comme une autre. »

Sons diffusés :

  • Montage d’archives télévisuelles du 15 juin avec Aurélie Filippetti, Nicole Bricq, Jean-Noël Tronc

  • « You Are An Exception To The Rule » interprété par Screamin’ Jay Hawkins

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 26.06.13 intitulée « Entretien avec Costa-Gavras », cliquez ici.

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