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Doit-on limiter le nombre d’êtres à qui on donnera la vie?

Faire des enfants est-il immoral ?

28 min
À retrouver dans l'émission

En 2100, nous devrions être plus de 11 milliards d'humains, une population qui est déjà passé de 2 à 7,6 milliards en 70 ans. L'Homme est directement impliqué dans le dérèglement climatique, et les ressources de la planète ne sont pas inépuisables. Alors, faut-il encore faire des enfants ?

Doit-on limiter le nombre d’êtres à qui on donnera la vie?
Doit-on limiter le nombre d’êtres à qui on donnera la vie? Crédits : Thomas Barwick - Getty

Catastrophes écologiques, surpopulation, consommation excessive… certains couples hésitent désormais à donner la vie dans un monde à l’avenir incertain.

Ce qui est frappant, c’est que certaines catégories personnes n’ont pas le droit de bénéficier de la Procréation Médicalement Assistée (PMA), parce qu’elles sont seules, homosexuelles, ou trop âgées. On peut comme moi trouver cela injuste, mais on peut aussi se demander : pourquoi faire des enfants ? N’est-ce pas un acte égoïste et même dangereux, si on considère ses conséquences globales sur l’environnement ? En fait, les questions de droit et de morale sont complètement indépendantes. Ruwen Ogien

Indépendamment de celle de la légalité, la valeur morale de la procréation

"Deux arguments pourraient nous permettre de conclure qu’il s’agit dans tous les cas d’un acte immoral. Le premier est que la vie ne vaut pas d’être vécue, même si elle est pleine de joies passagères, avec toutes les contraintes qu’elle nous impose. Le second est que les enfants n’ont pas demandé à naître, or tout ce qui est fait à quelqu’un sans son consentement est immoral." Ruwen Ogien

La liberté de procréer

La question est de savoir si on a la liberté de ne pas procréer. Les Etats, en particulier lorsqu’ils sont natalistes, reconnaissent difficilement cette liberté, même si les plus libéraux s’efforcent de la garantir. Quant à la question de la moralité, on se la pose à propos des couples homosexuels, et on invoque l’intérêt de l’enfant. Mais pourquoi n’utilise-t-on pas cet argument dans le cas des parents méchants, stupides, alcooliques, ou fachots ? Ruwen Ogien

Le fait qu’il soit immoral de faire des enfants ne veut après tout pas dire qu’il ne faut pas en faire ! Après tout, il n’y a pas que la morale qui compte dans la vie ! Ruwen Ogien 

Est-ce égoïste de vouloir mettre au monde un enfant à l’heure de la surpopulation et de l'épuisement des ressources naturelles? Cet enfant va-t-il devoir se battre pour avoir accès à l’eau potable, ou porter un masque anti-pollution à longueur de journée? Certains couples se posent ces questions au moment où ils ont envie de se lancer dans l’aventure de la parentalité.

"Toutes ces questions témoignent de ce que Schopenhauer aurait appelé un « vouloir-vivre » assez faible. Mais au-delà de cette remarque, il faut se rappeler qu’avoir des enfants aujourd’hui est loin d’être un choix dans de nombreuses parties du monde, y compris dans nos sociétés. Le problème est donc d’articuler les parcours individuels et ce qu’une société va décider pour ses citoyens." Marie Gaille 

Le choix d'avoir un enfant, un problème de riche ?

Le choix d’avoir des enfants peut passer pour un problème de riches, mais il reste malgré tout beaucoup d’impensé, autour de problèmes et de choix moraux. Même si aujourd’hui la PMA concerne une petite partie des naissances, il y a des questions aiguës qui se posent. Il y a une certaine urgence à discuter ces questions. Les politiques ne peuvent plus considérer que les problèmes bio-éthiques sont internes aux frontières. Il faut acquérir une dimension internationale pour la discussion, dans un contexte les gens, s’ils le peuvent, se déplacent pour bénéficier de la PMA. Les politiciens doivent se poser deux questions majeures. D’abord, la loi sur la PMA n’est organisée qu’autour du diagnostic de l’infertilité. Est-ce souhaitable ? D’autre part, la réforme de la loi engage une réforme de l’ensemble du droit de la filiation, ce qui pose des problèmes complexes. Marie Gaille

La croissance démographique poursuit son cours. Aujourd'hui, 800 000 millions de personnes ont insuffisamment accès la la nourriture, essentiellement dans des zones de conflit, de guerre... Mais on produit assez d'aliments sur terre.

Ce sont un peu des problèmes de riches ! Quand on pose la question morale, on ne se pose pas la question des grands déterminismes, qu’ils soient familiaux, culturels ou nationaux. La planète connaît des tensions multiples, qui conduisent les sociétés à un impératif de la procréation : on a besoin de chair à canon, donc chaque communauté a intérêt à avoir de gros bataillons pour s’imposer face aux autres. Ainsi, les communautés religieuses demandent toutes à leurs fidèles de faire un maximum d’enfants. Les Russes, en difficulté démographique, se retrouvent quant à eux handicapés face à la Chine. Jul

L'animalité de l'homme

Je suis sceptique sur cette histoire de choix. On peut éventuellement y réfléchir en invoquant la victoire de la culture sur une espèce de pulsion de l’espèce. Mais on assiste un retour de l’espèce : la part archaïque d’animalité de l’homme joue à plein dans ces réflexions ! Jul

Sons diffusés : 

  • Bande annonce du film 17 filles  de Muriel et Delphine Coulin.
  • Vidéo du site www.nouvelobs.fr : Julien Aubert, Nicolas Dupont-Aignan, Michel Vauzelle, Frank Riester
  • « Elle a fait un bébé toute seule », de Jean-Jacques Goldmann,
  • « Ce qui est dit doit être fait », de Jacques Higelin.
Intervenants
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