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Faut-il étendre la notion de victime au monde animal ?

28 min
À retrouver dans l'émission

A partir de deux ouvrages : « Les animaux aussi ont des droits » de Boris Cyrulnik, Elisabeth de Fontenay, Peter Singer et « Le parti pris des animaux » de Jean-Christophe Bailly

Avec :

Catherine CLEMENT

Matthieu POTTE-BONNEVILLE

Tobie NATHAN

Catherine Clément : « En Inde, les animaux ont les mêmes droits que les hommes. Ils sont le plus souvent sacrés, alors que les hommes ne le sont pas. C’est un sentiment que j’ai retrouvé dans le livre admirable de Jean-Christophe Bailly, Le parti pris des animaux . (…) Il ne faut pas faire d’angélisme avec les animaux. Et si on ne leur reconnaît pas des droits, on ne comprend rien au monde. (…)

Matthieu Potte-Bonneville : « L’insistance sur les mots du titre est particulièrement significative : Les animaux aussi ont des droits . Je crois que le titre pose trois problèmes. Premièrement, c’est un livre de combat. Les trois entretiens qui sont réunis et qui émanent d’acteurs importants (spécialistes à la fois du comportement animal et de l’éthique en matière animale) veulent poser un acte : poser une affirmation qui n’a rien d’évident. Ce livre fonctionne comme un instrument dans cette lutte. Donc il y a une nécessité de convergence. Deuxièmement, le pluriel du titre a du sens : les animaux et non pas l’animal. Le pluriel est une façon de déconstruire l’opposition traditionnelle entre l’homme et l’animal, entre l’homme et l’animalité (l’animal qui serait séparé de l’humanité). Le livre prend acte des avancées récentes de la science du comportement animal (l’éthologie) qui de maintes manières a érodé très considérablement la frontière qu’on entendait faire passer entre les hommes et les animaux. Donc, les notions qu’on croyait strictement humaines (comme la question de la culture, de la communication, de l’intelligence affective) ont considérablement bougé. Troisièmement, il y a ce « aussi ». C’est-à-dire : quel type de supplément on apporte au droit lorsqu’on y inscrit les animaux ? Quel type de perturbation on apporte à la notion même de droit lorsqu’on intègre le problème de l’animal ? »

Tobie Nathan : « Ces auteurs font comme si les animaux n’ont jamais eu du droit. Or, c’est faux, puisqu’ils les ont eu en Inde. Ensuite, c’est vrai que c’est un livre de combat, mais il y a deux problèmes implicites qui ne sont jamais mentionnés. D’une part, on parle des animaux qu’on mange et qui sont soumis à une taylorisation insupportable (la façon dont on tue et élève nos animaux de boucherie est totalement scandaleuse). D’autre part, il y a les animaux de compagnie. Il y autant d’animaux de compagnie que d’habitants en France (60 millions). On a une relation particulière avec ces animaux de compagnie : elle donne l’affect sans condition. »

Sons diffusés :

  • Extrait du film « Cyrano de Bergerac » de Jean-Paul Rappeneau

  • Elisabeth de Fontenay dans l’émission « Hors Champs » du 21.10.10

  • Boris Cyrulnik dans une vidéo en ligne sur le site des éditions du Seuil

  • Tristan Garcia dans une conférence « Philo » du 14 février 2012

  • « Chat » interprété par Brigitte Fontaine

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 30.05.13 intitulée « Retour sur l’œuvre de Cyrano de Bergerac », cliquez ici.

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