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« Haut les masques » : Pour vivre connus, vivons cachés

27 min
À retrouver dans l'émission

Partenariat avec le supplément « Culture et Idées » du Monde

Avec :

Mathieu POTTE-BONNEVILLE

André GUNTHERT

Stéphanie LEMOINE

Stéphanie Lemoine : « C’est un double paradoxe. D’abord parce qu’on est dans une société qui valorise énormément la visibilité médiatique et pour qui la célébrité est éminemment désirable. Voir se masquer les Daft Punk, des activistes ou des street artists comme Banksy et Space Invader est quelque chose qui nous interroge : ça semble aller à l’encontre de ce que tout le monde dans la société désire, c’est-à-dire être visible et être médiatique. Puis, c’est un paradoxe, car ce masquage est rarement celui de l’invisibilité, c’est-à-dire qu’il est le produit d’une mise en scène. C’est le cas de Daft Punk et de Banksy où il apparaît se masquant. (…) Pourquoi et comment ces artistes choisissent de se montrer « disparaissant » ? François Jost, qui est un spécialiste des médias, disait qu’on est dans la figure de la prétérition, cette figure de style qui consiste à dire ce qu’on dit vouloir ne pas dire. »

Mathieu Potte-Bonneville : « Je pense que le cas de Banksy et de Daft Punk est différent. Spontanément j’aurais envie d’interpréter la démarche de Daft Punk au moins de trois manières : 1) essayer de constituer une identité générique qui touche immédiatement au global (où même la question de la couleur de peau ne se pose plus) 2) le rêve d’incarner des subjectivités non-humaines (se faire animal ou machine) 3) aller contre ce qui a défini très longtemps le rock’n’roll, c’est-à-dire l’authenticité. »

André Gunthert : « Le masque est fondamentalement un objet qui a une fonction ambiguë. Il sert à deux choses : à la fois à cacher (comme au carnaval) mais aussi à reconnaître. (…) Par exemple, l’image publique de Marilyn, c’est un masque. (…) Nous dissemblons plus que nous nous ressemblons. De plus, on peut être à la fois masqué et reconnu : quand les Anonymous mettent un masque, ils sont reconnus comme Anonymous. »

Sons diffusés :

  • Reportage Inter-Actualités le 26 février 1963

  • Sketch de Jamel Debbouze au « Marrakech du rire » en 2013

  • David Le Breton dans l’émission « Du Jour au Lendemain » sur France Culture le 19 juin 2003

  • « Lose Yourself to Dance » interprété par Daft Punk

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 28.06.13 intitulée « Simon Brook et Abdou Ouologuem », cliquez ici.

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