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Helena Janeczek, à Venise en juin 2018, finaliste du prix Campellio

Helena Janeczek, mémoires européennes

28 min
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En lice pour le Prix Jean Monnet de littérature européenne 2019, Prix Strega pour « La Fille au Leica » traduit par Marguerite Pozzoli chez Actes Sud, Helena Janeczek était l’invitée ce week-end du Festival Italissimo...

Helena Janeczek, à Venise en juin 2018, finaliste du prix Campellio
Helena Janeczek, à Venise en juin 2018, finaliste du prix Campellio Crédits : Awakening - Getty

Helena Janeczek raconte Gerda Taro, femme photo-reporter dans les années 1930, morte très jeune, à 27 ans à peine, écrasée par un char pendant la guerre d’Espagne... Il aura fallu attendre la découverte de la « valise mexicaine » qui contenait des boîtes de pellicules photo de Capa, Gerda et Chim pour découvrir son existence : certaines de ses photos prises pendant la guerre d’Espagne avaient même été attribuées à Robert Capa...  Ce portait, mélange de documentation et d’imagination, passe par le récit de trois témoins de la vie de Gerda entre les années 1930 et les années 1960 : Willy Chardack, étudiant en médecine, l’amie de cœur Ruth Cerf, journaliste, et Georg Kuritzkes, l’amant, militant, qui s’engagera dans les Brigades internationales. 

C’était une trajectoire significative, qui malheureusement ressemble à la crise aujourd’hui. Je l’ai senti quand j’ai commencé à travailler sur le roman et je me suis intéressée à cette figure fascinante, cette féminité hors des stéréotypes, que l'on a replacée dans son rôle autonome.

Elle se livre ainsi à un travail de mémoire, une écriture de la post-mémoire, à la manière de ses précédents romans : Les Hirondelles de Montecassino (Acte Sud, 2012), et Traverser les ténèbres (2014, Acte Sud).

Je vais toujours travailler avec la mémoire. La photographie, les photographies de famille appartiennent à ces mémoires de famille. Il y a ce paradoxe d’une photo qui sert de trace de mémoire, et qui en même temps, fait tomber dans l’oubli tout ce qu’elle ne fixe pas.  La mémoire, c’est une fonction vitale ; il faut retrouver une fonction vitale. 

Helena Janeczek et Gerda Taro partagent un parcours, une trajectoire européenne. L'écrivaine revient sur la question des migrations et le projet Européen. 

Il faut penser aux mots, à l'importance du langage, comme lorsque l'on parle des "déracinés". Les êtres humains n’ont pas de racines véritables ; nous ne sommes pas des plantes ou des arbres. Il serait bien de réfléchir aux implications du langage que l'on utilise, qui est fortement imprégné d’une tradition nationaliste. 

L'Europe, c’était l’Europe Unie, un projet qui naissait précisément pour les Européens persécutés pendant la Seconde Guerre mondiale, qui avaient dû abandonner l’Europe. Dans mon roman, dans la dernière partie, tous ces amoureux, Capa, Chim, arrivent aux Etats Unis, au Mexique, parce qu’il fallait fuir le continent...

Après un enfance en Allemagne, à Munich, elle vit désormais en Italie ; elle a publié un premier recueil de poèmes en Allemand, avant d'employer l'italien pour écrire l'ensemble de ses romans.

L'italien, ma "langue maternelle adoptée". C’est l’italien qui m’a adoptée, pas l’inverse. J’apprends l’italien depuis mon enfance. En m’installant en Italie, c’est devenu la langue de tous les jours, la langue de mes relations significatives, la langue que je parle avec mon fils. 

Extraits sonores : 

  • Cornell Capa, France Culture, Profils perdus, 19/10/1989
  • Jérôme Ferrari, France Culture, La Grande table, 06/09/2018
  • Erri de Luca, France Culture, Hors-Champs, 02/05/2016

Bibliographie

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