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Hommage à l'éditeur Jean-Marc Roberts.

28 min
À retrouver dans l'émission

Hommage à l'éditeur Jean-Marc Roberts.

Avec :

Marc Weitzmann.

Geneviève Brisac.

Marie-Pierre Gracedieu au téléphone.

Jean-Marc Parisis.

On a appris hier le décès de Jean-Marc Roberts à l’âge de 58 ans des suites d’un double cancer qu’il combattait depuis un peu moins de deux ans. Jean-Marc Roberts était directeur des éditions Stock depuis plus de vingt ans, éditeur entre autres de Vassilis Alexakis, Erik Orsenna, Brigitte Giraud, Philippe Claudel, Isabelle Jarry, Blandine Le Callet, Nina Bouraoui, Luc Lang, Jean-Marc Parisis, Eric Reinhardt, Laurence Tardieu, Marc Weitzmann, François taillandier, Christine Angot et Aurélie Filippetti. Dernièrement, il avait fait parler de lui en éditant Belle et bête ,le livre de Marcela Iacub sur sa relation avec Dominique Strauss-Kahn, livre qui a suscité une polémique dans le Landerneau médiatique et littéraire, provoquant même une décision de justice. Mais Jean-Marc Roberts était aussi un écrivain. Il a quelques vingt-cinq livres à son actif. Son dernier ouvrage, qui vient de sortir aux éditions Flammarion sous le titre Deux vies valent mieux qu’une , est une sorte de testament littéraire écrit depuis sa chambre d’hôpital, où pointent beaucoup d’humour et de légèreté, mais aussi une légèreté lestée par la conscience de la gravité de son état.

Jean-Marc Parisis : « Ce que je voudrais retenir de lui, c’est ce qui va manquer, c’est-à-dire sa vitesse, sa présence. On n’avait pas besoin de le voir tout le temps mais on savait qu’il était là. […] Il y avait une forme de présence permanente. C’est quelqu’un qui défendait l’auteur contre la machine et aussi contre la machine éditoriale. Je voulais également dire que c’est important qu’il ait été écrivain et éditeur. Il avait une génétique d’auteur, d’écrivain, et c’est en ce sens-là qu’il a pu nouer des rapports aussi importants et passionnels avec ses auteurs. […] Enfin, il vient des années 1970, d’une époque où l’édition était régie par d’autres comportements, par d’autres méthodes, par d’autres rapports. »

Marc Weitzmann : « Il y a deux choses qu’on pourrait dire. D’une part, le sentiment qu’on avait, quand on était l’auteur de Jean-Marc, c’est d’être le seul de la maison. […] Il mettait l’auteur au centre du dispositif de la maison Stock. […] Il donnait le sentiment à l’écrivain d’une grande liberté et de pouvoir faire vraiment ce qu’il voulait dans les meilleures conditions possibles. D’autre part, il faut parler de son élégance, pendant la maladie en particulier […] il en parlait toujours avec une distance, une classe et un courage. »

Geneviève Brisac : « La légèreté, la vitesse, aussi l’empathie et cette façon d’être dans l’instant. […] Il y avait chez lui l’appétit de rencontrer les gens les plus intéressants, de faire en sorte que la vie soit la plus riche, la plus intense, tout le temps. »

Maire-Pierre Gracedieu : « On a partagé nos passions littéraires […] on s’est reconnus dans notre manière de défendre des écrivains avant tout. »

Geneviève Brisac : « La vision du monde de Jean-Marc Roberts, c’était de transformer sa vie personnelle, sa vie privée, sa vie intime, en un univers romanesque […] Tout le monde devient un personnage et c’est une philosophie de la vie, une conception de l’écriture, des gens et des choses que je partage absolument. »

Jean-Marc Parisis : « Plus théoriquement, il aura contribué à faire bouger les lignes en littérature en ce qui concerne le roman, la fiction et l’autofiction. […] Ramener la vie et un « je » personnel à un « je » romanesque. »

Marc Weitzmann : « Je pense qu’aucun des livres que j’ai écrits chez lui, je n’aurais pu les écrire sans lui. Il m’a vraiment donné la possibilité d’écrire les livres que j’ai écrits : possibilité dans le temps, possibilité concrète et accompagnement aussi. Et je pense que je ne suis pas le seul. »

Sons diffusés :

  • Archive : Jean-Marc Roberts au micro de Jacques Chancel dans « Radioscopie » du 11 janvier 1973.

  • Aurélie Filippetti au micro de Pascale Clark dans « Le 7 / 9 » du 26 mars 2013.

  • Archive : Jean-Marc Roberts au micro d’Anne-Julie Bémont dans « Pour la littérature » du 29 juillet 2008.

  • Archive : Jean-Marc Roberts au micro de Manou Farine dans « Le Rendez-vous » du 16 mai 2011.

  • Chanson « Monsieur Victor » de Barbara.

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 26.03.2013 intitulée « Rencontre avec Tanguy Viel », cliquez ici.

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