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Jan Fabre devant " Autoprtrait du plus gros vers du monde" lors de son exposition "L'ange de la métamorphose" en avril 2008 au musée du Louvre.

Jan Fabre, l'alchimiste

27 min
À retrouver dans l'émission

Rencontre avec l'artiste protéiforme Jan Fabre au lendemain des vingt-quatre heures de "Mount Olympus, To glorify the cult of tragedy". Une œuvre somme et labyrinthique, peuplée de rites païens, de danses et de transe.

Jan Fabre devant " Autoprtrait du plus gros vers du monde" lors de son exposition "L'ange de la métamorphose" en avril 2008 au musée du Louvre.
Jan Fabre devant " Autoprtrait du plus gros vers du monde" lors de son exposition "L'ange de la métamorphose" en avril 2008 au musée du Louvre. Crédits : Betrand Langlois - AFP

Le plasticien, auteur, metteur en scène flamand Jan Fabre est l'invité de La Grande table culture, au lendemain d'une performance intitulée Mount Olympus, To glorify the cult of tragedy, 24 heures de spectacle orgiaque inspiré par la mythologie grecque. Dans son journal de nuit, on le découvre insomniaque et angoissé. Sur scène, on le retrouve excessif et toujours aussi provocant, entouré des danseurs de sa compagnie Troubleyn. 

Depuis 40 ans je travaille le corps humain, sur la peau, les organes, le squelette. En 24h, cette recherche se retrouve sur scène. Jan Fabre

L'oeuvre de Jan Fabre mêle danse, théâtre, installations, performances. Dans son spectacle-fleuve Mount Olympus, To glorify the cult of tragedy, il entraîne les spectateurs dans un intense marathon scénique. Créée en 2015 à Berlin et présenté pour la première fois en France à la Vilette en 2017, vingt-huit performeurs nus ou en toges, traversent vingt-quatre chapitres, quatorze tableaux tragiques, six parties, portés par les textes d’Eschyle, de Sophocle et d’Euripide. A l'origine de cette initiative grandiloquente, Jan Fabre place une interrogation viscéralement liée à l'histoire et la philosophie du théâtre : la catharsis. 

Les gens réagissent. Trente minutes avant la fin, ils commencent à hurler. En jouant cette performance, on sent bien que le public vit ensemble, il a une expérience intime de ce qui se passe sur le plateau. Le public reste là, 24 heures. Il y a la fatigue. Tous les masques tombent et tout va au cœur dans ces conditions. Des gens pleurent, s'endorment, mangent, se réveillent... comme dans le théâtre Kabuki. Cette performance, c'est dire : je ne veux plus que tout soit dicté par le soleil et la lune. Je transforme cette dictature. Jan Fabre

Inspiré des tragédies grecques, Jan Fabre place au cœur de son oeuvre la lutte, le déchirement, la friction. "Je crois que je suis un artiste qui célèbre le conflit", confie-t-il. "La tragédie grecque parle de vous, nous, de moi, de la nature, de la violence humaine. Nous avons ce côté animale, bestiale qui revient toujours sans cesse.

Extrait de Mount Olympus, to glorify the cult of tragedy.
Extrait de Mount Olympus, to glorify the cult of tragedy. Crédits : Sam de Mol

Images crues, corps dénudés, sexe, scatologie, cries, sang... Les œuvres de Jan Fabre, mêlant danse et théâtre, ont pu être considérées par certains comme choquantes, déchaînant les passions du public. En 2005, son Histoire des larmes ouvrait avec fracas la 59e édition du Festival d'Avignon. Sa création prenait les apparences d'un rituel purificateur via l’exploration de l’animalité des corps, dans toutes ses dimensions. 

"Il y a six ans, je commençais à me préparer pour une mise en scène, on avait travaillé pendant 12 mois, tous les jours, une équipe de 40 personnes, on avait pris notre temps, on a fait des recherches. On avait voulu vraiment aller très loin dans le sujet de la tragédie. Même de travailler sur un spectacle comme ça, pendant en douze mois, chaque jour, c'est un choix politique déjà.Car aujourd'hui on vit dans un système, où dans la danse, il faut produire dix semaines et faire une tournée tout de suite. Partir. J'ai choisi depuis plusieurs années de prendre beaucoup de temps pour élaborer." Jan Fabre

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
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