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La photographie est-elle morte ou vivante ?

27 min
À retrouver dans l'émission

Avec :

André GUNTHERT

Alain BUBLEX

Eloïse CAPET

André GUNTHERT : « Pendant la majeure partie du 20ème siècle, le domaine de la photographie a été perçu comme unitaire. Bien sûr, la photographie amateur a toujours existé et elle était différente de la photographie professionnelle. Cependant, tout cela faisait partie d’un même univers qui était relié par la technique aussi bien que par l’esthétique. L’idée était que la photographie servait à faire du document objectif. Or il se produit aujourd’hui un phénomène nouveau et intéressant, car ça fait quand même plus de dix ans que la révolution numérique s’est produite. Les journaux en parlent mais il y a une résistance ou un rejet de la part des photographes professionnels et du paysage institutionnel en général. Depuis plus de dix ans, il n’y a eu que deux expositions consacrées aux différents aspects de la photographie numérique. Il y a eu l’exposition « Tous photographes » à Lausanne en 2007 consacrée au début de la photographie amateur numérique et puis en 2011 l’exposition à Arles consacrée aux aspects appropriatifs des nouvelles pratiques artistiques. »

Eloïse CAPET : « Il n’y a pourtant pas systématiquement lieu d’opposer les choses. Elles s’inscrivent à mon sens plutôt dans une continuité des pratiques photographiques. Plutôt que de rejet ou de ligne de fracture, je parlerais pour ma part de méconnaissance, d’incompréhension entre deux mondes qui coexistent mais qui finalement ne se connaissent pas. J’aurais même envie de parler davantage de frilosité de ce monde des Anciens (dans un sens non péjoratif de ma part). C’est symptomatique d’un autre phénomène qui est la difficulté pour la photographie professionnelle de vivre la révolution en cours, car quelque part il faut trouver des bouc-émissaires. La photographie mobile amateur devient ce bouc-émissaire. »

Alain BUBLEX : « Ce problème est lié à l’usage d’Internet en général et aux différentes pressions qui s’exercent sur les anciens métiers. J’ai lu sur Internet des conventions de graphistes qui demandaient à ce qu’il n’y ait plus de services gratuits rendus à des particuliers ou des industriels. Car effectivement il y a quelque chose qui les blesse : la disponibilité gratuite des images que, eux, pourraient faire payer. »

Sons diffusés :

  • Christian Joschke dans « La Fabrique de l’histoire » sur France Culture le 15 novembre 2012

  • « Picture of my Life » interprété par Jamiroquai

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 10.07.13 intitulée « Entretien avec Vanessa Wagner », cliquez ici.

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