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La société française se "droitise"-t-elle ?

26 min
À retrouver dans l'émission

A l’occasion de la sortie du livre La droite forte année zéro : Enquête sur les courants d’une droite sans chef de Marika Mathieu (éditions La Martinière) et d’un colloque au Sénat .

Avec :

Frédéric SAWICKI

Paul THIBAUD

Dominique REYNIE

Frédéric Sawicki : « On se rend compte que le bilan est assez contrasté. Sur le plan de tout ce qui touche les valeurs liées à l’organisation culturelle de la société (les modalités d’accès au savoir, l’encadrement des libertés individuelles, l’égalité, l’accès au droit), on a plutôt une tendance à la gauchisation. Les valeurs qui étaient historiquement portées par la gauche sur l’égalité des droits (le mariage homosexuel, l’abolition de la peine de mort, l’abolition de l’encadrement de l’audiovisuel ou de la justice par le pouvoir politique) sont des valeurs avec lesquelles des gens qui se positionnent à droite aujourd’hui sont plutôt d’accord. On constate sur le long terme une évolution qui est dans le sens des idées libérales libertaires. Sur le plan économique, en revanche, les électeurs se seraient radicalisés dans le sens d’idées plus libérales ? Là aussi, on se rend compte que l’évolution est beaucoup plus contrastée. (…) Il ne faut pas confondre droitisation des partis politiques et droitisation de la société. »

Dominique Reynie : « Pour moi, il y a trois raisons socio-historiques : le vieillissement démographique de l’Europe (…), la crise des finances publiques (…), et une espèce de libéralisme pragmatique qui est très présent chez les jeunes générations. »

Paul Thibaud : « Sur un plan historique, je pense qu’il faut partir de cette réalité : la France est un pays culturellement à dominante de gauche L’opinion de gauche est considérée comme normale. Mais la gauche n’a pas été souvent gouvernante en France. Ou plutôt, quand elle a gouverné, comme sous Mitterrand, elle a dit qu’elle ne faisait pas ce qu’elle voulait. Donc, il y a une dissociation des valeurs de gauche et de la gouvernance de gauche. Jamais ils ne sont arrivés à se mettre d’accord. Et la droite, quand elle a eu le pouvoir, elle a eu le pouvoir par défaut (d’une gauche défaillante). (…) Et je pense que la nouveauté actuelle, c’est que la gauche a changé complètement : pour une fois, la gauche a décidé, à travers Hollande, d’assumer ce qu’elle fait. Elle n’a plus ce double registre d’avant. Maintenant, il y a un rassemblement. »

Sons diffusés :

  • Archive de Gaël Brustier dans « Les Matins » en novembre 2012

  • « Les Brigands » d’Offenbach interprété par le chef d’orchestre John Eliot Gardiner

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 06.06.13 intitulée « François Morel et Juliette », cliquez ici.

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