LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

La transparence est-elle un idéal social ?

26 min
À retrouver dans l'émission

Avec :Pascal ORYPaul THIBAUDPascal BLANCHARD

Pascal Blanchard : « Je pense qu’il y a une contextualisation nécessaire. A partir du moment où le pouvoir est faible (au moment où il parle de transparence), il peut tout à fait alimenter le populisme. Si la transparence est une réaction à une dénonciation (typiquement l’affaire qu’on connaît en ce moment avec Cahuzac), le régime est sous le poids de la pression : il ne donne pas le sentiment de réagir par une « bonne » morale qui doit accompagner toute action politique (car c’est un principe inhérent à la République). Quand il subit l’inquisition de l’opinion, il ne peut pas rivaliser avec ses ennemis. […] Aujourd’hui, parce que le régime est faible, ce qu’il provoque comme transparence incite à la montée des populismes, voire même à la démonstration du « tous pourris » qui avait été le discours du père et de la fille Le Pen. Donc on se retrouve dans un contexte délirant, où on risque de donner des armes aux pires ennemis de la République. »

Pascal Ory : « En tant qu’historien, je suis interrogé par le terme de « transparence » qui serait soi-disant une émergence récente quasiment hollandiste. Or, pas du tout. Cette transparence me paraît très liée à une forme de modernité libérale. […] Et moi, ce qui me frappe est la dimension que je vois là-dedans : la protestantisation […] : un rapport direct du fidèle à son dieu, sans intermédiaire, sans confessionnal (par exemple, le Cahuzac de BFM TV se confesser, faire son mea culpa en public). […] De plus, le secret est l’un des attributs de la liberté. C’est pour cela que les régimes totalitaires sont des régimes de transparence. »

Paul Thibaud : « Je voudrais déplacer la discussion de la religion protestantiste au libéralisme (les deux sont liés). On a une désinstitutionalisation de la morale : la morale n’est plus liée à un Etat, elle est individuelle (de la même manière que la foi est quelque chose de personnel). […] Ce qui doit être transparent en revanche, c’est le fonctionnement des institutions. »

Pascal Blanchard : « Le problème de la France, c’est que nous avons pris l’habitude du secret. […] Chez nous, on attend d’être en crise pour commencer à lever le voile de la transparence. Donc, par définition, c’est suspect. »

Pascal Ory : « Il y a une crise de la politique, de sa représentation. »

Sons diffusés :

  • Montage de Philippe Baudouin : « Pour quelques dollars de plus » d’Ennio Morricone Jean-François Copé sur BFM discours de François Hollande Jean-Marc Ayrault sur France Inter avec Patrick Cohen

  • Archive de Michela Marzano sur LCP 10 avril 2013

  • Archive de l’INA de 1951, émission « La Tribune de Paris » sur les affaires de scandale de la 3ème République (Affaire Wilson)

  • « Déshabillez-moi » de Juliette Greco

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 18.04.2013 intitulée « Manu Larcenet et Pierre Marquès », cliquez ici.

ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......