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Pretty Yende lors d'une représentation de "Lucia di Lammermoor" de Gaetano Donizetti à l'Opéra Bastille, le 11 octobre 2016.

La voix sacrée de Pretty Yende

28 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons la soprano sud-africaine Pretty Yende, à l'occasion de son récital au Théâtre des Champs-Elysées. L'occasion d'évoquer avec elle son parcours exceptionnel, digne d'un conte de fées, ses plus beaux rôles, ses projets, et de parler de la voix humaine, du souffle et du bel canto.

Pretty Yende lors d'une représentation de "Lucia di Lammermoor" de Gaetano Donizetti à l'Opéra Bastille, le 11 octobre 2016.
Pretty Yende lors d'une représentation de "Lucia di Lammermoor" de Gaetano Donizetti à l'Opéra Bastille, le 11 octobre 2016. Crédits : Christophe Archambault - AFP

Pretty Yende est désormais l’une des reines du bel canto. Révélée par son interprétation de Lucia di Lammermoor de Donizetti, elle a gravé ses rêves sur CD dans Dreams, sorti chez Sony Classical l'an passé. 

La jeune soprano sud-africaine se produira dimanche 16 décembre 2018 sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées, dans un programme de musique sacrée qui fait la part belle à Haendel.

Au programme dimanche, musique sacrée et oratorio, avec des extraits du Messie, de Samson, de l’Ode pour l’anniversaire de la reine Anne de Haendel et le Exsultate, jubilate de Mozart.

Elle est pour l'heure autour de notre Grande Table.

Tous les aspects du chant reposent sur la technique de la respiration. C’est l’essentiel pour la voix.

[La musique baroque], c’est infiniment plus divin, si l’on peut dire, que tout ce qui est ressorti de l'époque romantique. Pour moi, puiser dans ce répertoire, c'est comme revenir aux origines du son premier, dépouillé de tous les froufrous, d’une pureté, dépouillé, simple, mais qui repose sur une technique très exigeante.

Je crois que les mots nous manquent pour expliquer le mystère de ce don extraordinaire, de cette beauté pure qu'est la musique. Même avec les notes en noir et blanc, et les indications du compositeur, nous n’avons pas l’équivalent dans notre vocabulaire de la richesse du langage musical. On ne peut pas l’expliquer. Mais lorsque quelqu’un chante sur scène, et que le public est là, reçoit ce chant, il se passe quelque chose d’extraordinaire, qu’il est difficile d’expliquer, mais on voit l’émotion, les larmes montent aux yeux. On ne sait pas expliquer pourquoi ça nous bouleverse à ce point, et pourquoi certains airs particuliers, certaines notes sont capables de suspendre le temps. Ça défie toutes les lois du monde physique.

La foi et la musique sont très proches, du moins quand on est sur scène, quand on se donne.

Je suis convaincue que [le bel canto] a été une base extraordinaire pour m’apprendre à chanter. Le bel canto, c'est le beau chant, le fait de chanter joliment, mais ça vous apprend vraiment le phrasé, toutes les différentes couleurs, dont il faut enrichir l’interprétation, toutes les techniques de la voix, vraiment se servir de sa voix comme un instrument. C'est effectivement très formateur. Ça m’a tout appris. Ça me donne cette souplesse pour passer d’un compositeur à l’autre, cette agilité. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir commencé par me faire les dents avec le bel canto, qui me permet d’aborder Haendel, et Mozart, et tous les compositeurs que je chanterai plus tard.

Le bel canto m’a permis de découvrir ma voix, de la connaître, et d’aller là où j’étais destinée, c’est-à-dire le grand répertoire.

C'est vraiment formidable de me mettre dans la peau de toutes ces héroïnes, dans leur état d’esprit psychologique, et d'apercevoir la richesse de leur vie. Et puis je peux établir des ponts avec ma vie personnelle, qui a été l’accomplissement d’un rêve incroyable.

J’ai fait confiance à la musique. La véritable diva, c’est la musique, car je n’aurais pas pu exercer mon don sans la musique. Pour moi qui chante, ça restera toujours un mystère. Pour les gens qui l’écoutent, ils savent ce qu’ils ressentent, mais encore une fois, je ne trouve pas les mots pour expliquer ce mystère.

Il faudrait diffuser des opéras en prime time à la télévision, parce qu’il faut que, comme la pop culture, ce soit toujours présent à nos oreilles. Ça va nourrir l’intérêt pour l’opéra, même chez les jeunes, sinon ça va continuer de rester réservé à cette petite élite. Je trouve ça dramatique de ne pas partager ce don extraordinaire fait à l’humanité, chaque âme devrait y avoir droit. Et puis bien sûr, il y a l’enseignement, dans les écoles, on peut sensibiliser les jeunes et les faire venir à l’opéra.

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