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David Fray

Le pianiste David Fray passe le Bach

26 min
À retrouver dans l'émission

La Grande table reçoit le pianiste David Fray à l’occasion de la sortie de son disque Bach, les Concertos pour 2,3 & 4 pianos (Warner), programme qu'il donnera aujourd'hui au Théâtre des Champs-Elysées. L'occasion de parler musique baroque, clavecin, piano, direction, transcription et transmission.

David Fray
David Fray Crédits : Paolo Roversi

David Fray repasse son Bach … D’abord, c’est l’un des pianistes les plus doués de sa génération.

A 37 ans, il retrouve son compositeur fétiche, l’Allemand Jean-Sébastien Bach, dont il célèbre l’art de la transcription, dans un album qui vient de paraître chez Warner Classics / Erato, les Concertos pour 2, 3 & 4 pianos de Bach, avec l'ensemble à cordes de l'Orchestre du Capitole de Toulouse. L'album a été enregistré à la Chapelle des Carmélites, à Toulouse.

Ce soir, il sera en concert au Théâtre des Champs-Elysées à Paris, pour une carte blanche. En attendant, il est notre invité.

L'idée d'achèvement en art est une idée très intéressante. […] Il y a un moment où une interprétation est prête à être simplement servie à un public. […] Il y a un moment où moi je sens, je peux, je suis prêt à aller affronter un public. Mais ça ne veut pas dire que l’interprétation est achevée, qu’elle est gravée dans le marbre et qu'elle ne va pas évoluer.

J'ai du mal à parler sur la musique en général, que ce soit moi qui joue ou quelqu'un d'autre. Je préfère l'écouter.

C'est surprenant de voir aussi à quel point Bach était capable de poésie, en fait, en entendant ça. Parce que l'image de Bach, je trouve, est parfois trop exagérément associée à une sévérité, à une aridité, qui est sans doute justifiée par la rigueur absolue de son langage. Mais si vous regardez ce que sert ce langage en termes d’expression, c’est parfois même d’une grande sensualité aussi, d'une grande douceur.

C'est la plus belle musique du monde. (à propos de la musique de Bach)

Avec Bach, le choix que  j’ai fait, on peut le contester, c’était d’essayer d’enjamber un peu le problème finalement de style qui était lié à l’instrument, d’essayer de rejoindre, si tant est que ça soit possible, une sorte de vérité intemporelle et indémodable de l’œuvre de Bach. […] Il faut essayer de détacher cette musique là d'un contexte qui pourrait finalement la réduire. Il ne faut pas la réduire, il faut au contraire l'ouvrir.

En musique, le cadre que vous offre le compositeur, en termes de nuances, en termes d’indications de phrasé etc, est le premier pas vers la liberté, paradoxalement. Effectivement, on peut facilement en tant que musicien être désarçonné par une absence absolue d’indications.

Ce qui vous reste, quand vous avez si peu d’indications, ce n'est pas la lettre, finalement, simplement les rythmes et les notes, les hauteurs de son qui sont marquées. Ce qui vous reste, c'est l'esprit. Et cet esprit-là il faut l’habiter, il faut avoir ce courage-là. Et il faut aussi avoir le courage de se dire que c’est une possibilité, ce n’est pas la seule. Une fois qu’on a compris ça, à mon avis, après on peut être relativement libre.

Ce sont des hommages, et en même temps, ce sont des réinventions géniales. […] Il a remplacé un instrument qui est peu polyphonique par un instrument qui lui l’est énormément. (à propos de la transcription de Vivaldi par Bach)

C’est vraiment une école de l’écoute. […] La musique de chambre, c’est écouter l’autre et savoir comment lui répondre.

Jouer vite, c’est un phénomène mécanique. Entendre vite, là, vous êtes connecté au vivant, quelque part. Jouer vite, un robot peut le faire. Entendre vite, non, c’est autre chose. Et puis entendre, ça veut dire le faire passer à travers votre corps.

Le bon est au service du beau. Ce qui est bon doit être beau.

Nous les interprètes, on doit servir la beauté d'une partition musicale, et on doit trouver le meilleur moyen, avec nos propres caractéristiques, que cette beauté-là surgisse. C'est ça notre travail, et rien d'autre.

Pour moi, c’est ouvrir des portes aussi, un grand professeur, c’est quelqu’un qui ouvre votre horizon. […] Un grand professeur, c’est quelqu’un qui vous montre […] à quel point l’étendue des possibles en matière d’interprétation est large. Ça c’est fondamental. […] Le professeur, c’est celui qui à la fois va vous mettre des barrières, ou en tous cas des limites, mais qui en même temps, à l’intérieur de ça, va vous dire : mais regarde à quel point tout est possible à l’intérieur de ces limites-là.

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Réalisation
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