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Laurent Stocker

Laurent Stocker, comédien sous influences

28 min
À retrouver dans l'émission

Laurent Stocker, de la Comédie Française, est en tête d'affiche de "Jeux d'influence", nouvelle mini-série Arte, diffusée du 13 au 27 juin. Le réalisateur Jean-Xavier de Lestrade s’attaque au sujet brûlant des lobbies et des multinationales de l'agrochimie...

Laurent Stocker
Laurent Stocker Crédits : © What's up Films

Le sociétaire de la Comédie Française est actuellement à l'écran sur Arte dans la série Jeux d’Influence, créée par Jean-Xavier de Lestrade - oscarisé pour Un coupable idéal -  et Antoine Lacomblez. La série s'attaque à l'activisme de l'industrie agrochimique et au danger sanitaire des pesticides. Une nouvelle série thriller et politique : un agriculteur gravement malade, un cadre d’une multinationale agro-chimique retrouvé mort noyé, un député en lutte contre les pesticides... 

Laurent Stocker y incarne ce député, Guillaume Delpierre, encore convaincu qu'il a un rôle à jouer, par la loi, avec l'arme du droit. Il est un élu de proximité ; l'agriculteur malade d'une leucémie est un ami proche. Très vite, il va être nommé rapporteur de la nouvelle loi agricole et se propose un amendement pour faire interdire les pesticides les plus dangereux ; ce qui lui vaut déclaration de guerre de la grande firme de l'agrochimie Saskia. Conviction, empathie, ténacité : il incarne le juste dans cette affaire...

Je me suis inspiré de personnes politiques qui pourraient exister. Ceux qui se demandent toujours comment faire pour bouger les lignes. Je crois que ça existe encore, je ne crois pas au "tous pourris" (Laurent Stocker)

Jeux d'influence - Arte
Jeux d'influence - Arte Crédits : © What's up Films

Il nous parle de l'échiquier et du jeu politique et revient sur la complexité de son personnage Guillaume Delpierre : s'il a quelque chose de droit et de juste en lui, il doit faire face aux menaces des puissants lobbyistes. Laurent Stocker soulève la question de la puissance et l'impuissance des politiques, leurs difficultés à faire bouger les choses. Il garde foi dans les mouvements citoyens. 

Dostoïevski disait que l’art peut changer le monde. C’est aussi la vision que les artistes peuvent changer le monde, avec les spectateurs qui sont au rendez-vous ou pas, avec l'envie de changer les choses. L’art, c’est une bonne thérapie. Il y a des psychanalyses possibles, mais il y a aussi le fait de pousser la porte d'un théâtre, ou d'aller voir un film au cinéma ; c’est la catharsis. Si ce soir les gens s’identifient à cette série, en se demandant « mais qu’est-ce que je mange », on aura fait un grand pas. (Laurent Stocker)

Enfant de la campagne, il a aussi connu la folie des épandages, avant de découvrir le théâtre à Paris où il est arrivé à l'âge de 16 ans. Retour sur son parcours, à la Comédie Française et au cinéma. Il nous parle de ses influences et ses grands rôles. 

La Comédie Française m’influence avec les textes que l'on joue, avec les centaines de personnes qui y travaillent. C’est la figure emblématique de la ruche ; ça me plait. Cette phrase, la nôtre :  « Simul et singulis » / « Être ensemble et être soi-même » : il faut être ensemble, servir une cause commune, sans oublier d’être soi-même. Il faut mettre son ego de côté parfois pour servir un texte avec un ensemble d'acteurs. (Laurent Stocker)

Dans un tout autre registre, et cette fois sur la scène de la Comédie Française, il incarnait cette année un autre homme de pouvoir : Néron, dans Britannicus dans une mise en scène de Stéphane Braunschweig...

Au cinéma ou à la télévision, on capte des choses. C’est comme l’infiniment grand et l’infiniment petit. Quand on fait du cinéma ou de la télévision, on est comme dans un microscope à balayage électronique. Au théâtre le soir, il faut décupler, se faire entendre au quatrième balcon. Pour l’incarnation des rôles, c’est la même chose. Pour Néron, on avait pris le parti pris [avec Stéphane Braunschweig] que ce n'était pas quelqu’un qui hurlait, que c'était quelqu’un de très calme. On a des dictateurs qui sont du même acabit. Ce ne sont pas ceux qui parlent fort qui sont les plus dangereux. Après avoir joué ces personnages là, il faut se laver, prendre une douche. (Laurent Stocker)

Jeux d'influence - Arte
Jeux d'influence - Arte Crédits : © What's up Films

Extraits sonores : 

  • Jeux d'influence - Jean-Xavier Lestrade - ARTE - 2019 Bande annonce / épisode 1
  • Paul François - Affaires sensibles - 08/03/2017
Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
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