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Le dimanche comme enjeu de pouvoir

27 min
À retrouver dans l'émission

A partir du livre « Le dimanche, une histoire : Europe occidentale (1600-1830) », d’Alain Cabantous (éditions du Seuil)

Avec :

Pascal ORY

Gérard MORDILLAT

Hervé LE TELLIER

Pacal Ory : « Ce livre s’intéresse au système de représentation, à ce qui se passe dans le quotidien des pratiques sociales et dans le quotidien des cerveaux. […] Cabantous est un spécialiste de l’époque moderne. […] Il prend cette situation au sortir du Moyen Age et jusqu’à la Révolution pour montrer qu’alors on est à l’apogée d’un certain système du dimanche chrétien qui d’ailleurs se dédouble en un dimanche catholique et un dimanche protestant. […] Or, on découvre dans ce livre que ça ne va pas de soi de sanctifier le dimanche. […] Il faut convaincre les populations que ça n’est pas un jour comme les autres : un jour où on ne travaille pas, un jour où on ne s’amuse pas. […] L’Eglise et la puissance publique interviennent pour cela. »

Gérard Mordillat : « C’est un enjeu qui maîtrise le temps et le pouvoir. Très vite, les premières communautés chrétiennes qui sont d’abord des communautés entièrement juives puis ensuite des communautés mixtes avec des non-juifs, puis enfin des communautés entièrement non-juives, décident de se distinguer radicalement de la religion mère en rompant avec le shabbat et en instaurant le jour du seigneur. Un grand enjeu pour imposer le christianisme dans la mesure où à partir du moment où on imposait ce jour-là, on imposait un temps qui n’était pas le temps des autres. […] On verra plus tard l’Islam se démarquer encore des juifs et des chrétiens. »

Hervé Le Tellier : « Cette question du dimanche joue sur les mots. La plupart des langues romanes utilisent le terme de « dimanche », mais les langues qui sont d’origine germanique situent le « dimanche » comme étant le dieu du soleil (puisque les jours sont les jours des planètes). […] On date souvent ce basculement au 4ème siècle […], un basculement qui est aussi celui du chiffre sept (7 jours). […] Pour rythmer sa vie, on a besoin d’unités qui vont mesurer la journée, l’année et le nombre d’années. Donc il y a trois façons d’orienter le temps. La chrétienté arrive avec une date d’origine (la naissance du Christ, discutable mais figée), avec le système de 7 jours (du système judaïque au système chrétien), et puis le système des heures (babylonien). […] Et ce genre de datation du monde est incroyablement culturel et accepté. »

Pacal Ory : « Ce livre s’intéresse au fond au système de représentation, à ce qui se passe dans le quotidien des pratiques sociales et dans le quotidien des cerveaux. […] Cabantous est un spécialiste de l’époque moderne. […] Il prend cette situation au sortir du Moyen Age et jusqu’à la Révolution pour montrer qu’on est à l’apogée d’un certain système du dimanche chrétien qui d’ailleurs se dédouble en un dimanche catholique et un dimanche protestant. […] Or, on découvre dans ce livre que ça ne va pas de soi de sanctifier le dimanche. […] Il faut convaincre les populations que ça n’est pas un jour comme les autres : un jour où on ne travaille pas, un jour où on ne s’amuse pas. […] L’Eglise et la puissance publique interviennent pour cela. »

Gérard Mordillat : « C’est un enjeu qui maîtrise le temps et le pouvoir. Très vite, les premières communautés chrétiennes qui sont d’abord des communautés entièrement juives puis ensuite des communautés mixtes avec des non-juifs, puis enfin des communautés entièrement non-juives, décident de se distinguer radicalement de la religion mère en rompant avec le shabbat et en instaurant le jour du seigneur. Un grand enjeu pour imposer le christianisme dans la mesure où à partir du moment où on imposait ce jour-là, on imposait un temps qui n’était pas le temps des autres. […] On verra plus tard l’Islam se démarquer encore des juifs et des chrétiens. »

Hervé Le Tellier : « Cette question du dimanche joue sur les mots. La plupart des langues romanes utilisent le terme de « dimanche », mais les langues qui sont d’origine germanique situent le « dimanche » comme étant le dieu du soleil (puisque les jours sont les jours des planètes). […] On date souvent ce basculement au 4ème siècle […], un basculement qui est aussi celui du chiffre sept (7 jours). […] Pour rythmer sa vie, on a besoin d’unités qui vont mesurer la journée, l’année et le nombre d’années. Donc il y a trois façons d’orienter le temps. La chrétienté arrive avec une date d’origine (la naissance du Christ, discutable mais figée), avec le système de 7 jours (du système judaïque au système chrétien), et puis le système des heures (babylonien). […] Et ce genre de datation du monde est incroyablement culturel et accepté. »

Sons diffusés :

  • « Fermé jusqu’à lundi » interprété par Mirelle et Jean Sablon

  • Archive d’Alain Cabantous dans l’émission « La marche de l’histoire » avec Jean Lebrun le 1er avril 2013 (deux extraits)

  • « Je hais des dimanches » interprété par Juliette Gréco (inédit)

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 01.05.2013 intitulée « Entretien avec Yoko Ogawa », cliquez ici.

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