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Le rêve n'est-il qu'un récit ?

27 min
À retrouver dans l'émission

A partir de l’essai « De la science et des rêves : mémoires d’un onirologue » de Michel Jouvet (éditions Odile Jacob)

Avec :

Tobie NATHAN

Lionel NACCACHE

Philippe MANGEOT

Tobie Nathan : « Ce livre est d’abord un résumé de ses recherches sur les différents états que nous traversons durant le sommeil. Et c’est aussi le témoignage de l’activité incessante d’un chercheur qui trouve par hasard, qui cherche le jour, la nuit, durant son sommeil, tout le temps, et qui la plupart du temps trouve, dit-il, « par sérendipité ». C’est enfin les mémoires d’un homme né le 16 novembre 1925, au dynamisme exceptionnel. Dans sa vie, dans ses recherches, il déborde d’imagination, d’idées nouvelles, de désir aussi. Il y a de la sexualité dans ce bouquin, extraordinaire. […] Il découvre qu’il y a un sommeil à ondes lentes et un sommeil à ondes rapides lorsque disparaît totalement le tonus musculaire. […] Tout d’un coup, le cerveau se réveille, mais aussi les yeux et le sexe. […] Ce sommeil est un état particulier du cerveau. […] Il appelle cet état le « sommeil paradoxal ». Et il remarque que c’est dans cet état que nous rêvons. »

Lionel Naccache : « La fonction du rêve est encore largement mystérieuse. On ne sait pas aujourd’hui. Il y a plusieurs hypothèses. […] Mais pour comprendre la fonction du rêve, la première chose à faire est de bien comprendre le mécanisme du rêve. Et on peut dire aujourd’hui que on voit le rêve comme un état de conscience (contrairement au sommeil lent). Mais il y a des particularités et l’une des plus saisissantes, c’est qu’on est prêt à accepter la plausibilité de quelque chose qu’on refuserait à l’état de veille. […] On a un mode d’activité cérébrale qui ressemble au mode d’activité cérébral conscient, mais des régions du cerveau (dont celles qui sont impliquées dans le sens critique) sont précisément endormies, dysfonctionnelles. Donc, ça expliquerait le manque de cohérence que nous acceptons de tenir pour vraie pendant un rêve. »

Philippe Mangeot : « Je crois que c’est un grand livre sur le hasard. […] Le livre dit ce qu’une recherche doit à l’obstination mais aussi au hasard d’une rencontre, d’un rêve. […] On sait de mieux en mieux observer le fonctionnement du cerveau, savoir comment fonctionne le rêve, mais on ne sait pas à quoi on rêve, […] sauf quand on le raconte. La neurophysiologie ne peut pas observer ce à quoi on rêve. On n’accède au rêve qu’à travers des récits. Poser la question des fonctions du rêve, c’est poser la question de ce dont on parle quand on parle de rêve. Est-ce qu’on parle d’une activité ? Est-ce qu’on parle d’une activité psychique ? Ou est-ce qu’on parle d’une pratique sociale ? […] Il faut s’interroger sur la façon dont les récits sont ré-informés par les modes actuels, contemporains, de narration. »

Sons diffusés :

  • Montage avec : chanson « Le rêve de Louise » (extrait de la bande originale du film « Louise », take 2), extrait du film « Freddy, les griffes de la nuit » et extrait de l’émission « Le monde du rêve » (Archive France Culture, 1972)

  • Archive de Michel Jouvet dans l’émission « Science publique » du 12.04.2013

  • « Dreamer » interprété par Supertramp

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 25.05.2013 intitulée « Retour sur l’œuvre de Boris Vian », cliquez ici.

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