LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

« Les pièges de la mémoire »

28 min
À retrouver dans l'émission

En partenariat avec le magazine BOOKS d’avril (n°42).

Lionel NACCACHE, neurologue

Catherine CLEMENT

Tobie NATHAN

Tobie Nathan : « La mémoire est fondamentale. […] Être soi, c’est se souvenir. Mais il y a un problème, car les souvenirs sont comme un gruyère, ils sont bourrés de trous. […] Il y a beaucoup de faux souvenirs. Et le numéro d’avril de « Books » fait le point sur les dernières découvertes neurologiques, l’évolution considérable des théories de la mémoire et les perspectives thérapeutiques des maladies de la mémoire. […] Le premier point (de plus en plus connu aujourd’hui), c’est que la mémoire ne fonctionne pas comme une caméra vidéo qui enregistrerait les événements. […] Ce point avait déjà été repéré par Freud dans son fameux article sur le « souvenir écran » qui date de 1899. […] Chaque remémoration modifie le souvenir. […] Plus on se remémore un événement et plus on le modifie. L’acte de remémoration est en vérité un acte de création. Conséquence fondamentale : le souvenir n’est pas fiable. […] La deuxième question fondamentale abordée par ce dossier : étant donné la fluidité du souvenir, nous faisons une confiance exagérée aux témoins externes. Le contenant de notre mémoire n’est pas en nous mais dans les autres, ce qui explique la possibilité d’instiller de faux souvenirs. […] Troisième question et troisième mise en cause d’une croyance relativement partagée, celle selon laquelle la vérité remémorée fait du bien, voire guérit. […] Or, se remémorer les souvenirs douloureux ne fait rien d’autre que reproduire la douleur. »

Lionel Naccache : « Nos idées sur la mémoire ont considérablement évolué. […] L’idée que notre perception du réel est une construction commence à prendre sens pour beaucoup de monde. Du coup, la vraie question pour moi est plutôt de dire : quel rapport on doit avoir à la mémoire ? […] Ma vision des choses, c’est de se dire que le souvenir n’est pas faux, n’est pas vrai, pas parfait, mais que néanmoins il contient des traces. Et notre travail, c’est de pouvoir voir comment on peut faire parler ces traces. En fait, notre métier est très proche de celui d’historiens contemporains. L’historiographie elle-même est une production culturelle qui n’est pas directement un accès à la vérité historique. Je pense qu’il y a des liens extrêmement forts entre les neurosciences de la mémoire et l’historiographie. »

Catherine Clément : « Je voulais parler de Proust et de Bergson qui ont travaillé sur le rapport entre mémoire et émotion. Ce n’est pas seulement la neurologie, car la littérature peut y arriver aussi, ou plutôt le travail sur le langage et l’émotion (même pour Bergson qui n’est pas un littéraire). […] Et il y a aussi quelque chose d’autre qui laisse des traces importantes, me semble-t-il, ce sont les photos. Pour la guerre par exemple. »

Lionel Naccache : « L’émotion a un rôle fondamental dans la mémoire mais l’émotion n’est pas nécessairement le vecteur à un vrai souvenir. »

Sons diffusés :

  • Eric Kandel dans le film documentaire À la recherche de la mémoire : Le Prix Nobel Eric Kandel de Petra Seeger

  • « J’ai la mémoire qui flanche » interprété par Jeanne Moreau

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 04.03.2013 intitulée « Grand entretien avec Youn San Nah », cliquez ici.

ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......