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Les révélations de la valise mexicaine.

28 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de l'exposition "La valise mexicaine. Capa, Chim & Taro. Les négatifs retrouvés de la guerre d'Espagne" au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme du 27/02 au 30/06/2013.

Avec : Geneviève BRISAC Pascal ORY André GUNTHERT
Geneviève BRISAC : « Dans notre histoire, le geste héroïque de la guerre d’Espagne joue un rôle essentiel et il a été un peu refoulé. Les livres, les films modernes passent beaucoup par les images de Robert Capa. Mais alors que s’est-il passé dans l’histoire de cette fameuse valise mexicaine ? C’est l’histoire d’une valise perdue en 1937, dans laquelle il y avait trois boites : une verte, remplie des négatifs de photos de Chim, où il y a avait beaucoup de portraits, une rouge, dans laquelle où l’on trouvait les clichés de Capa et Taro. Au total 4500 négatifs !

[…] Le bouleversement de ces clichés tient à la personnalité de ces trois photographes. Ils étaient avec les gens dans les villages, tout comme eux venaient de milieux modestes en Europe. Ce qu’il s allaient faire en Espagne : photographier les gens pour résister à la barbarie. C’est la dimension universelle de cette exposition. Ils donnent à voir ce qu’ils éprouvent et c’est ça qui émeuvent les gens.

[…] Ce qui est impressionnant c’est l’actualité de ces portraits. Il y a beaucoup de regards et plusieurs photos de groupes de femmes qui regardent, il y a une dimension puissante, romanesque qui ramène aux conflits modernes. »

Pascal ORY : « C’est une exposition émouvante et on peut rendre hommage à Patrick Bouchain. Il y a quelque chose dans la scénographie qui rend bien compte de la dimension anarchique et qui en même temps montre bien les thématiques. Deuxième constat, ce qui est marquant c’est ces magazines qui font entrer la photographie dans l’univers populaire. C’est aussi le cas pour le photo montage. Enfin, dans l’exposition, on voit bien l’individualité de ces trois photographes là.

[…] Ils rendent compte du collectif. C’est essentiellement des photographies de groupes. Il y a en même temps une individualisation de ces héros anonymes ce qui correspond aux messages que voulait transmettre ces combattants républicains. »

André GUNTHERT : « Je crois qu’il y a deux caractéristiques importantes de ce moment, identifié comme un tournant du photo journalisme. D’abord, on considérait comme une difficulté la photographie du front, parce qu’effectivement, la photographie de la guerre est un espace contrôlé et le photographe ne peut pas faire ce qu’il veut. La guerre d’Espagne a une particuliarité, il y a moins de contrôle puisque c’est une guerre civile. Cette caractéristique permet à certains photographes de se rapprocher. La proximité est d’ailleurs devenue la signature de Robert Capa qui disait « Si la photo n’est pas bonne, c’est que vous n’êtes pas assez près. » Cette proximité est consubstantielle à cette guerre qui permit aux photographes d’aller au plus près du risque. La mort de Gerda Taro c’est aussi la signature de cette photo là. La deuxième caractéristique de ce conflit et de sa photographie, c’est le caractère engagé, militant. Les mises en pages qu’on a en tête sont des mises en pages propagandistes : ces photographes prennent la position d’acteurs engagées qui traduisent de manière engagée. Il y a une exacerbation des messages visuels et écrits.

[…] On voit que ce n’est pas facile de déterminer la belle photo. Ce qui est important c’est le travail graphique qui met en page ces photos, qui ajoute les gros titres. C’est la naissance de la forme du magazine. »

Sons diffusés :

  • Henri Cartier-Bresson dans Profils perdus sur France Culture (1989).

  • Michel Lefebvre dans L’Humeur vagabonde sur France Inter le 27/02/2013.

  • Paco Ibanez chante Pablo Neruda – « Inclinado en las tardes tiro mis tristes redes ».

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 28/02/2013 intitulée « Rencontre entre Willem et Pénélope Bagieu », cliquez ici.

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