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Les revues de Sciences Humaines et Sociales peuvent-elles se permettre d’être gratuites ?

27 min
À retrouver dans l'émission

Avec :

André GUNTHERT

Mathieu POTTE-BONNEVILLE

Antonio CASILLI

André Gunthert : « En sciences humaines et sociales, autrefois on publiait des livres. C’était comme ça que circulait le savoir. Et les revues, c’était l’expression un peu plus discrète du travail des équipes de recherche, c’était de la littérature grise pour spécialistes. Et puis, il y a eu deux changements : 1) Il y a une dizaine d’années, on est passé à la numérisation des ressources scientifiques 2) En France est arrivée l’évaluation à partir des articles des revues (comme dans les pays anglo-saxons). […] Les revues sont devenues d’un coup un acteur très important du système, parce que l’évaluation c’est évidemment la clé du financement. […] Mais le problème c’est que, si les revues sont devenues d’un coup cet outil essentiel, on ne leur a pas donné plus de moyens. Une revue savante ne coûte pas très cher, mais ça repose surtout sur du bénévolat. Les auteurs ne sont pas payés. La rédaction de revue n’est pas payée. L’évaluation des articles (qui est donc la clé du système) n’est pas payée non plus. […] Donc, c’est du bricolage et cette activité (qui est donc au cœur du système) n’est pas réellement intégrée au périmètre de la recherche publique. »

Antonio Casilli : « La question de la gratuité devient non seulement une question de droit du citoyen d’avoir accès à ces revues, à ces articles (ce qui n’est pas le cas aujourd’hui), […] mais aussi la question de la gratuité du travail (car les chercheurs n’ont pas de reconnaissance véritable de ce travail). Pour moi, la question de l’open access doit avoir un effet de résonnance entre ces deux gratuités. »

Mathieu Potte-Bonneville : « C’est un changement épistémologique. C’est un changement dans la considération-même de la valeur des travaux. […] Toucher à la circulation des textes est toucher à une économie de la vérité. […] Il y a des effets positifs et négatifs dans cette affaire. »

Sons diffusés :

  • Claire Lemercier et Pierre Mounier aux « Journées Open Access - Couperin » 24-25 janvier 2013.

  • Archive de Jacques Derrida de 1993 présente dans le livre « Intersections »

  • « Rewind » interprété par Roger Molls

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 15.04.2013 intitulée « Retour sur l’œuvre de Jules Barbey d’Aurevilly », cliquez ici.

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