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Les séries télévisées : De quel art s'agit-il ?

27 min
À retrouver dans l'émission

En partenariat avec le supplément « Culture et Idées » du « Monde » (article de Nils Ahl).

Avec :

Nils C. AHL

Mathieu POTTE-BONNEVILLE

Geneviève BRISAC

Nils C Ahl : « Le glissement critique, c’est la fin des années 80, puis en France les années 2000, […] mais je pense que la date est devant nous, car si on parle de critique, il faudrait parler d’une critique propre à la série télévisée, et celle-là est encore à inventer. […] Et la diffusion en téléchargement ou en DVD s’accompagne de toute une série de commentaires et d’une intégration dans une communauté critique élargie. »

Mathieu Potte-Bonneville : « Il y a toute une série d’ambiguïtés de cet objet « séries ». Il y a le développement de la critique. Il y a l’exemple de Gérard Wajcman. Cette critique est pléthorique. Les Presses universitaires de France se sont dotées d’une collection consacrée aux séries. Mais cette critique encore assez souvent rabat la discussion sur l’objet des séries ou sur la thématique des séries, ce qui est une manière de contourner la question de leur statut esthétique. Or, l’intérêt d’une forme esthétique ne se mesure pas forcément à l’intérêt sociologique de cet objet. Donc, cette critique est massive, mais elle ne sait pas encore très bien où se placer. Et puis, on a des usages qui sont très largement énigmatiques. Par exemple, il faudrait se demander si les séries sont des séries télé. Sont-elles télévisuelles ? Car le téléchargement et le visionnage en DVD sont des pratiques qui ont acquis leur indépendance. Les séries sont l’une des formes par laquelle la fiction est en train d’échapper à la télévision […] pour entrer dans une forme de consommation plus individuelle, plus relationnelle, […] l’équivalent de ce qu’était un peu la cinéphilie dans les années 50. […] Moi, c’est cette incertitude sur les usages qui m’intéresse beaucoup. »

Geneviève Brisac : « Ce qui n’a pas changé dans les séries et qui est très intéressant, c’est l’effet addictif. C’est la chose la plus importante. C’est le mode de consommation des séries. Et c’est d’ailleurs pourquoi certaines personnes détestent ça et ne veulent pas en entendre parler. […] Pour « Treme » par exemple, on veut continuer et arrêter tout ce qu’on était en train de faire pour continuer. »

Sons diffusés :

  • Archive de Gérard Wacjman, écrivain et psychanalyste, dans l’émission « Les Nouveaux Chemins de la Connaissance », de Philippe Petit en septembre 2012, à propos de la série « Les Experts »

  • Générique de « La petite maison dans la prairie »

  • Générique de « Treme »

  • Générique de « Mad Men » (« Beautiful mine », de RJD2)

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 19.04.13 intitulée « Images de la vieillesse », cliquez ici.

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