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Ludovic Tezier lors des Victoires de la musique classique, à Bordeaux, le 25 février 2013.

Ludovic Tézier, une voix en or

28 min
À retrouver dans l'émission

La Grande Table reçoit le baryton Ludovic Tézier, qui chante actuellement le rôle-titre de "Simon Boccanegra" à Bastille. L'occasion de parler avec lui de la voix chantée, du jeu d'acteur, de Verdi, l'un des compositeurs qu'il excelle à interpréter, et du drame politique qui se joue dans cet opéra.

Ludovic Tezier lors des Victoires de la musique classique, à Bordeaux, le 25 février 2013.
Ludovic Tezier lors des Victoires de la musique classique, à Bordeaux, le 25 février 2013. Crédits : Nicolas Tucat - AFP

Il tient en ce moment le rôle-titre de Simon Boccanegra, sur la scène de l'Opéra Bastille. Le baryton Ludovic Tézier est notre invité.

Ancien corsaire, devenu Doge de Gênes, voilà Simon Boccanegra : une personnalité ambivalente, avec des aspirations contradictoires, qui le tiraillent, qui le travaillent. Un opéra de Verdi, sur une mise en scène de l'Espagnol Calixto Bieito, éminemment politique.

Dans le monde, tout est vanité, et seules la réconciliation et la concorde peuvent mener à quelque chose - c'est un petit peu le propos du message de Simon Boccanegra, et bien évidemment du message de Verdi, on l'aura compris.

On aborde [ce personnage] vraiment par l'être intime, puisque c'est cet être intime qui finit par le changer en politique, qui finit par le faire évoluer dans sa vision politique des choses. (à propos de la manière d’incarner le personnage de Simon Boccanegra)

Je dirais que le baryton Verdi, c'est Verdi. Il a la complexité du compositeur, il en a le côté terrien, profondément enraciné, il en a le côté idéaliste, violent parfois, noir aussi, il est un père blessé, très souvent. Donc finalement c’est un petit peu délicat de parler de baryton Verdi en tant que vocalité, ce qu’on fait souvent. Je crois que c’est une erreur. Le baryton Verdi est un chanteur qui doit être capable d’exprimer à peu près tout ce que Verdi peut mettre dans une partition, de passion, de couleurs, de violence parfois, et de théâtralité surtout. […] Ce qui fait qu’on devient baryton Verdi, c’est la capacité d’expression de ce genre d'émotions extrêmement puissantes, parce que la musique de Verdi est extrêmement pénétrante, extrêmement contrastée. C’est beaucoup plus ça que la couleur même qu’on associe à ce baryton. […] Etre baryton Verdi, c’est être capable d’exprimer, très modestement, parce que je crois que personne n’arrivera à exprimer la richesse de toutes ces partitions, […] la complexité de l’œuvre de Verdi. Et ça, c’est une gageure, ce n’est pas qu’une histoire de voix, c’est une histoire aussi de maturité humaine.

Il y a une conjonction entre la maturité vocale chez le baryton et la maturité humaine. […] C'est la voix de la maturité, la maturité de l'homme. […] On ne peut pas à mon sens habiter [certains] rôles quand on est trop jeune. Et là, il y a une coïncidence fascinante entre la maturité vocale du baryton et la maturité de l'homme. (à propos de la voix de baryton)

Chanter Simon Boccanegra, c’est côtoyer Verdi de manière extrêmement intime. On est avec lui pendant deux heures et demie, trois heures, en scène, à partager quelque chose de très profond de sa vie, il nous parle toute la soirée en tant qu’interprètes, et c’est très fort.

Il faut présenter [l'œuvre] de la manière la plus communicative possible. C’est très important pour moi lorsque je chante d’arriver non pas à convaincre, on n’est pas là pour convaincre, mais à faire une proposition qui atteigne l’autre […] C’est partager un besoin, le besoin d’exprimer une musique que je côtoie tous les jours, avec quelqu’un qui a besoin de l’entendre. C’est un très joli moment, et c’est très rare dans une vie d’homme d’arriver à partager cela avec 2 500 personnes en même temps. C’est formidable.

Extraits sonores :

  • Extrait de l'acte 1 de l'opéra : Ludovic Tézier dans le rôle de Simon Boccanegra
  • Extrait de l'acte 1 de l'opéra : Ludovic Tézier et Maria Agresta, dans la scène de reconnaissance de Simon Boccanegra et de Maria, la fille qu'il avait perdue et qu'il retrouve des années plus tard
  • Jean Cabourg, critique musical, à propos de Verdi, de Simon Boccanegra et du baryton Verdi ("Le Rythme et la Raison" sur France Culture, 7 novembre 1990)
  • Le baryton Michel Dens raconte comment il est venu au chant ("Étonnez-moi Benoît" sur France Musique, 16 avril 2011) 
Intervenants
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