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Lydie Salvayre, Goncourt 2014 pour "Pas pleurer"

Lydie Salvayre, la femme qui marche

26 min
À retrouver dans l'émission

L'écrivaine Lydie Salvayre, est notre invitée pour son nouvel ouvrage : "Marcher jusqu’au soir" (Stock, avril 2019), fruit de son errance nocturne au musée Picasso, et l'occasion pour elle d'une savoureuse critique de l'art, des musées et de la dictature des gardiens du bon goût.

Lydie Salvayre, Goncourt 2014 pour "Pas pleurer"
Lydie Salvayre, Goncourt 2014 pour "Pas pleurer" Crédits : ERIC FEFERBERG - AFP

Rencontre avec la romancière Lydie Salvayre, Prix Goncourt 2014 pour Pas pleurer (Seuil), qui s’est laissée enfermer une nuit au musée. Cela a donné un livre, Marcher jusqu’au soir, publié chez Stock, une réflexion corrosive sur les musées, l’art, la distinction, et un exercice d’admiration pour le sculpteur Alberto Giacometti et sa faculté à toujours échouer magnifiquement.

C’est un livre avec des pensées « lièvres », […] qui surgissent tout d’un coup alors que vous êtes dans un lieu étrange et qui vous emmènent là où vous n’aviez pas l’intention d’aller.                      
(Lydie Salvayre)

« Regarder ces œuvres m’est une corvée et je me fais violence en continuant cette expérience à la con. » Lydie Salvayre tente de comprendre pourquoi elle s’inflige cette nuit seule au musée. Peut-être à cause de la force de persuasion d’Alina Gurdiel, l’éditrice de chez Stock avec qui elle partage des origines espagnoles, et qui a imaginé la collection « Ma nuit au musée ». Son idée est de répondre à une interrogation personnelle : « Quelle fiction, ou réflexion, peut-elle surgir dans le cerveau d’un écrivain en ce moment étrange, de solitude absolue dans un endroit où d’ordinaire on ne peut ni dormir ni être seul ? ».

Le sujet est plus fort que ma peinture.                    
(Alberto Giacometti)

Restituer le vivant. Donner à la parole écrite la force, l’impact, de la parole vivante.      
(Lydie Salvayre)

La réponse de la romancière éclabousse chaque page de Marcher jusqu’au soir : rien, que dalle, nada… Enfermée au musée Picasso à Paris, un petit lit de camp installé face à l’Homme qui marche d’Alberto Giacometti, elle se retrouve incapable d’éprouver l’émotion artistique qu’elle espérait et que l'on attend d'elle. L’exercice d’admiration se transforme en manifeste contre les musées, l’art et le beau en général, tout du moins dans leurs manifestations contemporaines. Le résultat est une oeuvre qui tient autant de l’essai que du livre d’histoire de l’art, du récit-témoignage ou de l’autobiographie partielle.

Je crois qu’on écrit devant l’insupportable. L’insupportable d’un manque ou l’insupportable d’un malheur. Quand il n’y a pas d’insupportable, on se tait.                  
(Lydie Salvayre)

Lydie Salvayre sera le 27 mai 2019 à 19h la Maison de la poésie à Paris, pour une rencontre animée par Sophie Joubert, autour de Marcher jusqu’au soir.

Extraits sonores : 

  • Alberto Giacometti au micro de Georges Charbonnier (INA,19/09/1953)
  • Pierre Bourdieu sur le rapport aux musées (INA, 1972)
  • "Apeshit", Beyonce and Jay-Z (The Carters, Everything is Love, 2018)

Bibliographie

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