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Cordes de bateau

Mabanckou/Gauz : camarades de lettres

26 min
À retrouver dans l'émission

A l'occasion de cette rentrée littéraire 2018, deux romans, "Les cigognes sont immortelles" d'Alain Mabanckou et "Camarade Papa" de Gauz, sont à l'honneur. Regards croisés sur la colonisation et la décolonisation à travers les yeux de narrateurs enfants.

Cordes de bateau
Cordes de bateau Crédits : Rosa María Fernández Rz - Getty

Regards d'enfants sur une petite et grande histoire

Après son romanDebout-payé en 2014 autour de la figure du vigile, imposant et invisible, l’écrivain franco-ivoirien Gauz revient avec un deuxième roman Camarade Papa publié au Nouvel Attila. Fresque sur le colonialisme contée avec le même souci de la langue, ce roman propose un double regard sur la colonisation. Le lecteur suit le voyage en Côte d'Ivoire de deux personnages : un jeune creusois blanc du XIXème siècle et un jeune garçon noir d'Amsterdam dans les années 1980 éduqué dans une famille communiste.

Auteur prolifique de romans, de poésies, d'essais et prix Renaudot en 2006 pour Mémoires de porc-épic, le romancier franco-congolais Alain Mabanckou installé en Californie, revient avec un nouveau roman Les Cigognes sont immortelles qui paraît au Seuil. Roman autobiographique, ce livre nous plonge dans l'enfance à Pointe-Noire de Michel dans les jours qui suivent l'assassinat de l'ex-président congolais marxiste-léniniste Marien Ngouabi.

Conter l’histoire en inventant des histoires : telle est l'une des composantes de l'imaginaire littéraire de ces deux auteurs qui parviennent à allier dans un style travaillé, la puissance de leur humour à une fine lecture de la colonisation et de la décolonisation.

Il y a un rite chez nous dans lequel en devenant adulte, on lave la figure de l'enfant pour qu'il cesse de voir le monde aussi innocemment, aussi purement, pour qu'il cesse de voir les esprits en fait. C'est même pas une relecture, c'est une lecture nouvelle, une lecture qui n'a pas encore été faite du monde à l'entour. Gauz 

Ça me permettait d'inventer une langue idéale pour parler d'idéaux. C'est pour ça que j'ai pris la peau de l'enfant, comme ça on ne peut pas me taxer de vouloir tordre un peu les choses alors que je pense vraiment ce que l'enfant dit. Qu'il sorte de la bouche comme ça d'un enfant me donne un petit air innocent. Gauz

On écrit pour interpréter le monde mais on écrit aussi pour le transformer. C'est que l'on est en train de faire, je pense. Alain Mabanckou

Gamins on était appelé les pionniers de la révolution socialiste congolaise. Ce qui fondait notre action c'était un article qui s'appelait "L'article 1 du mouvement national des pionniers" et ça disait : "Le pionnier est un militant conscient et efficace de la jeunesse. Dans tous ses actes il obéit aux ordres du parti". Donc on était déjà dans une attitude moutonnière. Nous étions des moutons de Panurge avec le président de la République de l'époque qui était censé vraiment nous emmener vers la révolution. Alain Mabanckou

Bibliographie

"Camarade Papa" (Gauz, 2018)

Camarade PapaGauzLe nouvel Attila, 2018

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
Production déléguée
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