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Mosco relance l'affaire Marchais en Allemagne Le réalisateur de télévision Mosco rouvre le dossier Georges Marchais qui était accusé d'avoir travaillé volontairement en Allemagne le 6 septembre 1991 à Paris, France. (Photo by Jean-Michel TURPIN/Gamma

Mosco Levi Boucault, le parrain du documentaire

27 min
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Il dit "aimer les sujets qui brûlent"... Mosco Levi Boucault consacre son dernier documentaire à la mafia sicilienne, et à Corleone en particulier, figure sanguinaire autant que fascinante.

Mosco relance l'affaire Marchais en Allemagne Le réalisateur de télévision Mosco rouvre le dossier Georges Marchais qui était accusé d'avoir travaillé volontairement en Allemagne le 6 septembre 1991 à Paris, France. (Photo by Jean-Michel TURPIN/Gamma
Mosco relance l'affaire Marchais en Allemagne Le réalisateur de télévision Mosco rouvre le dossier Georges Marchais qui était accusé d'avoir travaillé volontairement en Allemagne le 6 septembre 1991 à Paris, France. (Photo by Jean-Michel TURPIN/Gamma Crédits : Jean Michel Turpin

Le documentaire retrace le destinée d'un homme sanguinaire aux apparences humbles, Corleone, tout autant que l'histoire d'une organisation mafieuse, Cosa nostra, devenue tout-puissante dans la Sicile des années 1980 et 1990. Le cinéaste se questionne : comment un homme peut-il entrer dans la mafia ? 

Derrière la personnalité redoutable de Toto Riina, il y a les témoignages de ses anciens hommes de main et des hommes de loi qui durent le juger, des figures marquantes qui révèlent les rouages d'une organisation aussi complexe que la mafia palermitaine. D'autre part, Mosco Levi Boucault pointe la fascination qu'il a éprouvée pour les juges Falcone et Borcellino, qui ont payé de leur vie leur volonté de faire justice.

Je ne sais faire des documentaires que si je raconte des histoires.  
(Mosco Levi Boucault)

Pour lutter contre la fascination que peut engendrer un personnage tel que Corleone, le réalisateur donne une voix à tous les acteurs des violences perpétrées par lui et ses sbires. En outre, il évoque sa fascination pour Sigfried, entendu pour la première fois sur le transistor qu'il écoutait en cachette dans le pensionnat où il entra à quinze ans, et montre que c'est dans l'accès impossible à la culture qu'on trouve les origines d'un système aussi criminel que celui qu'il filme ici, la mafia. Il ne cache pas le lien qu'il a dû tisser avec des repentis, comme Giovanni Brusca, surnommé "le Boucher", afin de mener à bien sa recherche de témoignages et évoque, plus largement, le rapport qu'il entretient avec ceux qu'il dut interviewer tout au long de sa carrière, dans cette difficile tension entre écoute et attachement.

Là où il y a de la culture, il y a beaucoup moins de mafia.  
(Mosco Levi Boucault)

Dans l'entremêlement des voix, c'est la question du crime mafieux qui est mise en scène : comment en vient-on à n'accorder aucun prix à la vie humaine ? L'intronisation au sein de la mafia constituait pour ces hommes la possibilité d'une reconnaissance sociale, si problématique dans une terre comme la Sicile. 

L'île n'a en effet jamais connu aucun pouvoir intérieur, celui-ci étant plutôt imposé de l'extérieur. Dans un contexte de déshérence économique, la mafia est devenue une forme de pouvoir légitime, s'imposant par la violence la plus débridée. Corleone, le parrain des parrains fascine autant qu'il déstabilise, interrogeant l'intérêt qu'éveillent les criminels les plus sanguinaires, et les mécanismes qui les portent au pouvoir.

Extrait sonore : 

  • Corleone, le parrain des parrains (Mosco Levi Boucault, Arte)

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