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Où en est-on avec l’art contemporain en régions ?

27 min
À retrouver dans l'émission

A l’occasion des « 30 ans » des Fonds Régionaux d’Art Contemporain
Avec :

Alain BUBLEX

Philippe TRETIACK

Pascal ORY

Alain BUBLEX : « Les FRAC sont une originalité française créée en 1983 au moment de la décentralisation sous l’impulsion de Jack Lang qui venait d’arriver au Ministère de la Culture. L’idée des FRAC était de trouver un moyen pour que les œuvres d’art viennent à la rencontre du public le plus large, c’est-à-dire qu’elles quittent les grandes métropoles pour arriver dans les petites villes, les villes moyennes et partout en région. La culture à portée de tous. Là effectivement, on peut reconnaître un des grands courants de la politique culturelle française : celui-ci remonte à Malraux avec la création des Maisons de la Culture. Dans le discours d’inauguration de la Maison de la Culture à Amiens, Malraux dit que les Maisons de la Culture feront disparaître le mot hideux de « province ». (…) Malraux nous dit que la Maison de la Culture, c’est ses adhérents et pas la politique de l’Etat. Or, on retrouve cette originalité des Maisons de la Culture dans les FRAC (elles aussi uniques au monde). Le principe des FRAC était de créer des collections ou plutôt des fonds, sans espace d’exposition, c’est-à-dire d’acquérir des œuvres et de faire en sorte que ces œuvres soient ensuite prêtées à des institutions au niveau local (des centres d’art mais aussi des écoles, des hôpitaux, ou toute association qui pouvait en faire la demande). C’est la première originalité : mettre des œuvres à disposition (et non pas seulement de créer des espaces d’exposition). La deuxième originalité est le statut associatif des FRAC (loi 1901), qui fait que les directeurs de FRAC ne viennent pas forcément de la grande formation en France des conservateurs et des directeurs de musée. Ce sont des gens de la société civile qui s’intéressent à l’art et qui vont pouvoir prendre pied dans l’écriture de l’histoire de l’art au quotidien en France. »

Pascal ORY : « L’initiative de Lang était au carrefour de deux démarches : rapprocher une forme d’art contemporain d’un public qui était assez étranger (…) et clore le décalage entre les politiques d’acquisition (ou de commande) des pouvoirs publics (…). Les FRAC aujourd’hui sont devenus des centres d’art. (…) Je pense que tout le monde y a gagné, car au fond on a deux lignes de centre d’art : on a le centre d’art FRAC et on a le centre d’art classique. »

Philippe TRETIACK : « Ces 30 ans des FRAC soulèvent quelques problèmes. (…) D’abord, qui choisit quoi ? Ces collèges d’experts chargés d’acheter les œuvres et de les acquérir pour les régions et l’Etat restent flous. (…) Ensuite, on passe aujourd’hui d’un nomadisme (revendiqué à l’origine) à l’instauration de lieux d’exposition. (…) Enfin, il y a l’extraordinaire concurrence aujourd’hui des foires d’art contemporain : à partir du moment où l’art contemporain devient une denrée sur laquelle le monde se jette, c’est de plus en plus difficile d’acquérir des œuvres de qualité. »

Sons diffusés :

  • Allocution de Jean-Marc Ayrault le 26 mars 2013 à l’occasion du 30ème anniversaire des FRAC

  • Archive d’André Malraux, discours d’inauguration de la Maison de la Culture à Amiens le 19 mars 1966

  • « I’m Waiting for the Man » interprété par le Velvet Underground

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 03.07.13 intitulée « Retour sur l’œuvre de Matisse », cliquez ici.

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