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Peut-on parler d'un communisme dépolitisé ?

27 min
À retrouver dans l'émission

Avec :

Christophe PROCHASSON

François CUSSET

Paul THIBAUD

Christophe Prochasson : « A la fois le livre de Sumpf et la revue Annales proposent un regard historique (non pas entièrement nouveau, car il avait déjà surgi dans les années 70 aux Etats-Unis) : une histoire de l’URSS qui ne se faisait plus par le haut, c’est-à-dire l’entrée politique, mais plutôt par le bas, c’est-à-dire par le quotidien (la façon dont on se loge, se nourrit, etc.). Mais est-ce qu’il est légitime, pertinent, voire inquiétant de mettre à ce point au second rang le politique ? Car ce qui fait la spécificité du régime communiste est qu’il est communiste. (…) Cette nouvelle approche du communisme me semble rejoindre les tentatives de rajeunissement du communisme. (…) Cette diabolisation du communisme qui semble reculer laisse-t-elle place à des approches qui prendraient ces systèmes comme des systèmes ordinaires ? (…) Est-ce qu’on peut à ce point ne pas regarder le politique ? »

Paul Thibaud : « Il y a une raison évidente. Le communisme n’a pas connu de fin apocalyptique comme le nazisme. Le parcours a été très bref, allant vers la destruction de tout ce qui était autour de lui. (…) Le pluralisme politique ne pouvait pas advenir. Les régimes communistes (la Chine et l’Union Soviétique) s’en sont sortis par l’oligarchie, l’émergence d’une bureaucratie stabilisée qui s’en est mis plein les poches et qui a viré au capitalisme. »

François Cusset : « Je pense que l’Union Soviétique n’est pas plus communiste que la République démocratique de Corée n’est démocratique. (…) Il y a beaucoup de facteurs qui autorisent à sortir du couple diabolique de la Guerre Froide (communisme contre capitalisme), des monolithes conceptuels figés, et à voir plutôt ce qui a relevé dans l’Union soviétique d’un capitalisme d’Etat ou d’un Hyper-Etat ultra-autoritaire. La situation a complètement changé depuis vingt ans. On disait : le communisme a échoué, vive le libéralisme. J’ai presque envie de retourner mot pour mot la formule aujourd’hui, au sens où s’il ne s’agit pas d’une expérience communiste et si on observe les expériences du commun comme alternative à ce libéralisme qui ne marche pas aujourd’hui, alors on sort du regard rétrospectif de l’historien et on interroge le communisme comme promesse d’émancipation et non pas comme échec politique. »

Sons diffusés :

  • Alain Badiou dans l’émission « Du jour au lendemain » sur France Culture le 23 avril 2009

  • Philippe Corcuff sur TSE le 12 février 2013

  • Robert Guédiguian dans l’émission « A voix nue » sur France Culture le le 8 mai 2000

  • bande- originale du film « Soleil trompeur » de Nikita Mikhalkov (Orchestre de la Cinématographie Russe)

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 27.06.13 intitulée « Entretien avec Fred Pellerin », cliquez ici.

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