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Pourquoi les zombies sont-ils si populaires ?

27 min
À retrouver dans l'émission

Avec :

Lionel NACCACHE

Mathieu POTTE BONNEVILLE

Alain KRUGER

Lionel NACCACHE : « L’étude de la subjectivité se prête bien à ce sujet des zombies, à la fois sous l’angle de la neurologie, de la psychologie ou des neurosciences cognitives. (…) Mais est-ce qu’il y a d’abord un vrai genre de films zombies ? (…) Quand vous allez voir des films d’horreur ou d’épouvante, en général vous êtes saisi par un effroi, et cet effroi a à voir avec votre mort, votre disparition, ou en tous cas avec le fait d’éprouver des souffrances atroces (des tortures, des mutilations, des viols, de vous-même ou de vos proches). Disparition, mort, souffrance. Or, (…) dans le film de zombie, l’effroi n’est pas de même nature. (…) La crainte n’est pas celle de mourir ou de souffrir, mais de devenir un autre que soi-même, sans rien n’y pouvoir. (…) J’y vois une sorte de crise identitaire, un symptôme d’une fragilisation de l’identité subjective, comme si aujourd’hui plus qu’avant, on avait peur de ne pas être assez solide de notre identité. »

Alain KRUGER : « Pour moi, la spécificité du film de zombie, c’est qu’il dit combien et comment la société va mal. (…) Et comment la société va mal avec des personnages qui sont anonymes. Il n’y a pas de héros. (…) François Angelier, le producteur, dit une phrase formidable : « La malédiction des morts-vivants est dans le trait d’union. » Ce trait d’union est extrêmement frappant, parce que c’est ce qui nous hante. »

Mathieu POTTE BONNEVILLE : « Je crois qu’un film de zombies se définit par quatre choses : 1) il faut de la contagion 2) il faut de la dévoration 3) il faut de la vie par-delà la mort 4) et il faut effectivement une foule. Ce qui distingue fondamentalement le vampire du zombie, c’est que le « zombie » se dit au pluriel. La hantise des films de zombies, c’est ce pluriel, cette multiplicité de corps indifférenciés et interchangeables. Les films de zombies posent la question du devenir de l’homme comme multiplicité à l’intérieur des sociétés contemporaines. »

Sons diffusés :

  • Montage sonore des films « La nuit des morts-vivants », « 28 jours plus tard », « World War Z », « Zombie »

  • Extraits de l’archive de François Angelier dans l’émission « Pendant les travaux le cinéma reste ouvert » sur France Inter le 9 juillet 2012

  • « Zombie Delight » interprété par Buck 65

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 17.07.13 intitulée « Aïssa Maiga et Marguerite Abouet », cliquez ici.

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