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Pourquoi préfère-t-on parler de guerre des sexes plutôt que d’égalité des sexes ?

27 min
À retrouver dans l'émission

Partenariat Books , n° de juin 2013, dossier « La fin du mâle »

Avec :

Olivier POSTEL VINEY

Geneviève FRAISSE

Philippe MANGEOT

Geneviève Fraisse : « A chaque moment fort d’émancipation, quand la question de l’égalité des sexes est posée, on a une crise de l’identité masculine. Au lieu d’y voir un événement qui ferait une rupture, on peut d’abord remarquer que c’est une répétition. L’émancipation des femmes entraînerait la fin du mâle, de la masculinité et de la virilité. C’est sûr que ces moments d’émancipation suscitent une inquiétude d’ordre anthropologique, existentiel, voire une mise en cause raisonnée. Mais si l’émancipation ne se fait pas sans douleur, ce n’est pas pour ça qu’il faut crier à la fin du monde. (…) Pour ma part, je propose de travailler non pas seulement sur la question de l’égalité des sexes mais sur qu’est-ce que l’égalité de sexes. Est-ce pensable ? Est-ce aussi désirable ? (….) L’égalité est à faire, mais elle est en rien à penser. (…) Alors, on ne serait ni dans la querelle, ni dans la controverse. »

Olivier Postel Viney : « C’est répétitif mais il y a tout de même des éléments nouveaux, au moins deux principaux : 1) les femmes aujourd’hui ont désormais un niveau d’instruction en moyenne supérieur à celui des hommes 2) les femmes sont en mesure aujourd’hui de contrôler leur fécondité. La conjonction de ces deux phénomènes fait que l’effet de répétition doit être relativisé. Et le troisième fait (conséquent) est qu’il y a des zones entières de l’économie où de jeunes femmes de moins de 30 ans et n’ayant pas d’enfant gagnent plus que les hommes du même âge. C’est un phénomène concret et nouveau qui interpelle. Néanmoins, nous manquons de recul pour analyser ce qui se passe. »

Philippe Mangeot : « Et en même temps, ce n’est pas totalement nouveau. Cela fait déjà plusieurs dizaines d’années que les filles réussissent mieux que les garçons jusqu’au baccalauréat. (…) En France, l’école favorise actuellement les filles. Après, elles s’inscrivent massivement à l’université mais dans des filières moins socialement rentables que les autres, pour des raisons qui méritent d’être interrogées. C’est-à-dire que si on pense l’égalité, il faut qu’on pense les égalités et les inégalités dans tous les sens, plutôt que de parier sur des renversements mécaniques et binaires. »

Sons diffusés :

  • Archive de Georges Vigarello dans l’émission « Parenthèse » sur France Inter le 16.10.11

  • Archive de Christian Baudelot dans l’émission « Mise au point » sur France Culture le 23.01.1992

  • « Run the World (Girls) » interprété par Beyoncé

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 11.06.13 intitulée « Retour sur L’œuvre de Maurice Béjart », cliquez ici.

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