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Que nous disent les images des attentats?

27 min
À retrouver dans l'émission

En partenariat avec le supplément « Culture et Idées » du Monde

Avec :

Michel GUERRIN

Marc WEITZMANN

Sylvie LAURENT

Michel Guerrin : « On a essayé de voir comment se situaient ces nouvelles images par rapport à ce qu’on connaissait d’images de terroristes. Ce qu’on avait jusqu’ici, c’était essentiellement des images contrôlées par une mouvance terroriste (où les terroristes contrôlent leurs photographies, les produisent et les envoient) (…). Mais aujourd’hui, on a des images (photographies ou vidéos) qui ne sont pas contrôlées et qui sont enregistrées par différentes sources extérieures. On a essayé de classer ces dernières images. On mettrait d’un côté les images faites par des amateurs (au hasard, qui passent par là). (…) Puis, vous avez les images enregistrées par des caméras de surveillance, (beaucoup notamment dans le métro, lors de l’attentat à Londres par exemple). (…) Ce qui est intéressant avec cette nouvelle série d’images, c’est que c’est un entre-deux : c’est à la fois des images faites par l’extérieur (des gens qui sont là, qui passent) et des images contrôlées par les terroristes (quand le tueur reste sur place et attend son arrestation, voire même attend sa mort, et incite les passants à le filmer). (…) Et la blogosphère, Internet, va se charger de la production et de la diffusion de ces images. Et seulement ensuite, ce sont les médias traditionnels qui vont récupérer ces images. »

Marc Weitzmann : « La question du contrôle est centrale et elle est consubstantielle à l’acte terroriste. (…) Le développement des images a révélé la nature du lien entre information et terreur. (…) La caméra appelle l’événement, attend une histoire. (…) Il y a une alliance presque objective entre le média de masse et l’élément de la terreur, le but étant de savoir qui raconte l’histoire du monde, qui contrôle le discours sur ce qui se passe. (…) C’est la propagande par le fait. »

Sylvie Laurent : « Au moment du 11 septembre, les images sont instantanément repassées et rediffusées plusieurs centaines de fois par jour, sans édition, sans commentaire, sans note de bas de page, sans explication. Ce qui importait dans la visualisation de ces images était l’effet de sidération qu’elles provoquaient. (…) C’est le cycle de l’émotion perpétuelle. Ces chaînes de télévision – qui aujourd’hui sont celles qui sont censées donner de l’information – sont dans un état d’hystérie permanente, parce que l’image passe en boucle et entretient un état d’émotion dans lequel le but n’est pas de réfléchir, de se poser ou de mettre un dialogue, un récit, une explication, mais d’être en permanence dans ce mélange de fascination morbide et de sidération qui fondamentalement empêche de penser. Sauf que, empêcher de penser est une chose qui peut être extrêmement dangereuse, parce qu’il faut en effet que quelqu’un dise l’histoire. (…) Qui dit l’histoire ? »

Sons diffusés :

  • Reportage de France 2, le 24 mai 2013

  • « Memory Gospel » interprété par Moby

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la première partie de La Grande Table du 31.05.13 intitulée « Entretien avec Richard Powers », cliquez ici.

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