LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Quelle histoire de France raconte la publicité ?

27 min
À retrouver dans l'émission

A partir de l'exposition à la Bibliothèque Forney « L’Histoire de France racontée par la publicité » du 30 janvier au 27 avril 2013.

Avec : André GUNTHERT Christophe PROCHASSON Alain BUBLEX
André GUNTHERT : « L’histoire de France est une matière un peu explosive et on a l’impression que le savoir historique constitue une part irremplaçable de notre patrimoine. Reconnaître le visage de Napoléon et Charlemagne constitue une compétence. C’est justement sur cette compétence que se base cette exposition. Le recours à l’histoire s’opère soit par une autorité qui garantit un usage, soit sur un mode humoristique. On a un tout petit théâtre avec la liste bien connue des écoliers. Ce sont tous des personnages identifiés par le grand public. C’est l’empreinte d’un roman national avec ses temps forts et ses éclipses.

[..] Il s’agit surtout d’images, il faut donc reconnaître des personnages célèbres du premier coup d’œil. La plupart de ses figures sont appauvries, stéréotypées. Est-ce que ce savoir illustratif à avoir avec la manière d’apprendre l’histoire, comme dans le Petit Lavis ?

[…] Il faut bien séparer l’exercice de l’histoire savante et ce roman populaire appauvri, qui ne met en jeu que quelques figures stéréotypées. C’est peut-être une bonne chose que l’on s’éloigne de cette image de l’histoire patriotique. Cet éloignement indique le remplacement de ce récit par plein d’autres, ce qui peut être positif.

[…] Sur la représentation politique, il y a effectivement une évolution. Ces choix publicitaires nous donnent des indices sur la culture populaire de l’époque. »

Christophe PROCHASSON : « Je pense qu’il faut insister sur le caractère notable des personnages qui figurent sur ces affiches. Ce serait un « roman national » très pauvre. Il ne faut pas sur-interpréter d’un point de vue historiographique ce que l’on voit sur ces affiches. Le mieux pour interpréter cette exposition c’est de ramener ces figures historiques à des personnages que l’on trouverait dans la littérature. C’est sur ce registre là qu’il faut se poser. Pour le reste : les affiches publicitaires ne font pas grandes références à l’histoire. En effet, ce sont des affiches humoristiques. Derrière ce constat se pose la question de la place de l’humour dans notre démocratie : est-ce une garantie de l’exercice démocratique, fonctionnant comme une critique ? ou bien est-ce la manifestation d’une mise en péril de l’exercice démocratique par une annulation du respect républicain ?

[…] Il y a de grands décalages entre le discours de l’histoire scolaire et ce qui transparait sur ces affiches. Je ne pense pas qu’on puisse faire le lien entre le recours à l’histoire par les publicitaires et l’histoire dans l’école de Jules Ferry.

[…] L’histoire en générale s’éloigne. On peut penser au dernier livre de François Hartog : nous ne croyons plus en l’historie, car l’écrasement du présent fait que nous puisons selon notre fantaisie dans l’histoire des éléments qui ne font plus sens.

[…] Le recours aux présidents de la IIIe République est frappante. On a dit que ces hommes n’ont absolument pas compté or on se rend compte que c’est une ressource importante des publicitaires. »

Alain BUBLEX : « Une des choses qui m’a frappé c’est la permanence de l’humour dans ces affiches et dans sa relation à l’actualité. Ce qui m’a étonné c’est la concomitance des ces affiches référence à l’histoire de France et l’essor de l’histoire scolaire qui se structure dans un roman historique.

[…] Je crois qu’il y a un effet d’éloignement : l’histoire de la France est moins utile pour comprendre le monde aujourd’hui. L’histoire de la France s’éloigne de nos préoccupations. »

Sons diffusés :

  • Claudine Chevrel, commissaire de l’exposition à la Bibliothèque Forney dans « Ils ont fait Paris et sa région » sur France Bleu le 27 février 2013.

  • Publicité Volkswagen.

  • François Hartog dans La Fabrique de l’Histoire le 8 mars 2013.

  • Publicité « Direct Assurance Israël ». Cliquez ici.

  • Georgius – « C’était de la publicité »

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 11 mars 2013 intitulée « Grand entretien avec Paul Auster », cliquez ici.

ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......