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Régis Debray : une vision de la littérature française.

27 min
À retrouver dans l'émission

A partir de l'ouvrage de Régis Debray, Modernes Catacombes (Gallimard, 2013).

Avec : Marin DE VIRY François CUSSET Hervé LE TELLIER
François CUSSET : « En France on n’a pas de pétrole mais on a Régis Debray : c’est à la fois délicieux et agaçant. Il y a un côté à la fois désabusé et des exercices d’admiration. Il y a quand même un effet de génération, voulue ou non, dans le sens où c’est un éloge de la virilité intellectuelle et littéraire. Ce qu’il aime c’est les gens bigger than life , comme on dit en anglais. Ce qu’il aime c’est à la fois ceux qui ont trempé dans la littérature et dans l’action, l’historique, l’héroïsme, l’Histoire. Ce que regrette Régis Debray, avec un ton un peu savoureux, c’est cette disparition de l’intellectuel viril qui épouse le siècle.

[…] L’ironie et les paradoxes de la postérité littéraire, c’est que peut-être dans 50 ans, on ne retiendra que les textes autobiographiques de Debray, plutôt que ses grands textes de médiologie : on ne sait pas ce qui restera. Par contre, ce que l’on sait, c’est que les dispositifs d’inscription dans la durée, eux, ont changé et que pour durer, on est un peu perdu, on ne sait plus comment marquer son temps. »

Marin DE VIRY : « Il y a quelque chose de très ‘’mâle’’ et c’est d’ailleurs ce que j’avais écrit dans un de mes articles : ‘’viril, eschatologique et brillant’’. Eschatologique parce qu’il y a effectivement la description d’une fin de l’histoire littéraire qui a quelque chose de réactionnaire. Mais je pense que c’est du réactionnaire assumé, c'est-à-dire réactionnaire par méthode : il attend que quelque chose remplace ce qui est en train de disparaître. Mais pour ça il faut prendre la mesure de ce qui est en train de disparaître.

[…] Les révolutionnaires sont des réactionnaires par définition, et cette dialectique contradictoire là, Debray l’a intégrée parfaitement. »

Hervé LE TELLIER : « Il me semble que dans cette démarche d’exhortation à la lecture au passé, il a aussi une exhortation à l’action littéraire. Il y a effectivement une dimension testamentaire dans ce texte où il explique à des générations futures d’auteurs que la direction vers laquelle il faudrait aller c’est l’action tout court et vers l’action littéraire qui irait fusionner un militantisme politique avec une activité littéraire. Je pense que c’est une prise de conscience possible. »

Sons diffusés :

  • Régis Debray : Extraits des Matins du 04/01/2013.

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 22/01/2013 intitulée « Grand entretien avec Kettly MARS », cliquez ici.

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