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Représentations de la vieillesse au cinéma

27 min
À retrouver dans l'émission

En partenariat avec le supplément « Culture et Idées » du Monde

Avec :

Jacques MANDELBAUM, Critique de cinéma, journaliste au Monde et auteur de l’article « Les seniors, acteurs du cinéma »

Tobie NATHAN

Jean-Philippe VIRIOT-DURANDAL , en duplex depuis Strasbourg, sociologue à l’Université de Franche-Comté, auteur de l’ouvrage Pouvoir Gris et d’un livre à paraître coécrit avec Ariane Boviard (historienne et critique de cinéma) sur la représentation des vieux au cinéma

Jacques MANDELBAUM : « Il y a eu longtemps deux catégories, deux manières de sublimer ce que peut avoir de douloureux ou de difficile le fait de représenter la vieillesse, à savoir d’une part l’humour (…) et d’autre part la séparation d’avec la vie, l’apprentissage de la mort dans une sorte de mouvement noble et presque philosophique (des fables d’adieu à la vie). (…) Mais ce qui m’a frappé a été de constater que depuis une dizaine d’années (et même encore plus récemment au niveau de la fréquence du phénomène), on en arrive à voir quasiment un film par semaine sur le sujet. Et j’ai eu bien du mal à trouver une cohérence en termes d’esthétique. C’est tellement profus, divers, hétéroclite, qu’il est très difficile d’en établir une typologie. Néanmoins, ce qu’on peut dire, c’est qu’il apparaît une nouvelle catégorie qui est celle justement de ce que la vieillesse peut avoir de plus sordide, c’est-à-dire la maladie, l’isolement l’exemple canonique étant évidemment Amour . »

Jean-Philippe VIRIOT-DURANDAL : « Le but du cinéma n’est pas de refléter de manière statistique les réalités sociales, mais par contre de donner certaines indications sur des phénomènes émergeants. Vous avez parlé de diversité. Il est normal qu’il en soit ainsi, puisque dans l’échelle des âges, on passe plus de temps à vieillir (…). Mais aussi, la question de la mort, « l’accoutumance philosophique à la mort » d’après les termes de Jacques MANDELBAUM. (…) Cela renvoie à la fois à ce qui est le plus essentiel dans la destinée humaine (la finitude) et à ce qui est le plus insupportable pour la société moderne (où la mort signifie la fin de vie, sans promesse d’existence au-delà du passage terrestre). »

Tobie NATHAN : « L’image ambiante qui est reprise par le cinéma est assez frappante. Elle vient uniquement du milieu intellectuel et elle laisse percer l’idée d’une vieillesse qui serait une sorte d’entrée dans la mort. Comme si les vieux étaient des gens en sursis et qu’il fallait qu’ils se pensent eux-mêmes en sursis. Or, les gens n’ont pas du tout envie de ça, car les gens ne sont pas comme ça, quelque soit le regard que les analystes portent sur eux. Il y a une philosophie implicite d’entrée dans le néant. »

Sons diffusés :

  • Extrait du film « Tatie Danielle » d’Etienne Chatiliez

  • Bande-annonce du film « Les Beaux Jours » de Marion Vernoux

  • Extrait du film « Gran Torino » de Clint Eastwood

  • « Grand-mère » interprété par Petula Clark

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 04.07.13 intitulée « Visite de l’exposition Les Aventures de la vérité (St Paul de Vence) », cliquez ici.

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