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Une brève histoire de lignes : de l'essai anthropologique à l'exposition artistique.

27 min
À retrouver dans l'émission

A partir de l’exposition au Centre Pompidou-Metz, « Brève histoire de lignes », du 11 janvier au 1er avril 2013.

Avec : Philippe TRETIACK Alain BUBLEX Béatrice FRANEKEL
Philippe TRETIACK : « Ce qui est très intéressant c’est que le livre de Tim Ingold ouvre un champ philosophique et esthétique. Beaucoup d’artistes travaillent sur la ligne : land art, lignes du corps, etc. On a pu reprocher à l’exposition d’être un peu minimaliste mais c’est avant tout, à mon sens, un panorama de la ligne dans ce qu’elle a de directif et d’éclaté.

[…] Au fur et a mesure que la société a avancé, il y a eu une séparation entre le travail de la main et l’écriture. Et pour lui, c’est comme ça que le monde de l’artiste et celui de l’écrivain se sont séparés. Il explique bien comment le monde de l’écriture a été un monde physique, aujourd’hui ce travail est dissocié.

[…] J’aime bien quand il parle de l’écriture chinoise : la lettre latine se présente à nous de profil, la lettre chinoise se présente à nous de face. C’est un texte assez poétique. »

Béatrice FRAENKEL anthropologue, détentrice de la chaire à l’EHESS de l’anthropologie de l’écriture : « La proposition de Tim Ingold est de l’ordre de l’expérience, il nous convie à penser ensemble tout un panel d’activités. Il s’agit plus d’un essai qui lance une idée, ce n’est pas savant. Dans cette logique, l’exposition légitime tout à fait son propos. La question Est-ce que l’écriture fait entrer dans l’histoire ? a été un grand débat et aujourd’hui très peu d’anthropologues peuvent tenir des propos parlant de sociétés anhistoriques. Autre aspect passionnant : le lien entre architecture, art, anthropologie et c’est ce que l’exposition a bien compris.

[…] Je crois que l’écriture est encore manuelle. Considérer comme une rupture aussi forte l’imprimerie, c’est un peu hors de propos. Le 19e siècle est le grand âge de l’écriture manuscrite. Il y a une tendance à enchanter la période médiévale mais qui ne tient pas vraiment la route face à l’histoire de l’écriture.

[…] On pourrait parler de l’expérience de l’apprentissage de l’écriture et notamment celui de la vitesse d’écriture. Tim Ingold nous parle de cette coïncidence entre le tracé et la capacité d’enchainer, d’aller vite. Pour Ingold, c’est très important de comprendre comment on passe d’un fil à un autre.

[…] La relation à toute la culture graphique est très forte en anthropologie. Du point de vue réflexif, il y a une sorte de défiance d’une science anthropologique qui ne serait qu’une mise en tableau, qu’un graphisme, que la position d’une espèce de grille. Donc il y a un peu cette double attitude de regard sur l’objet et en même temps de réflexivité très critique. »

Alain BUBLEX : « Ce qui me frappe dans cette exposition, c’est comment tous les artistes s’y sentent liés. L’ouverture est telle qu’on s’y sent toujours attaché. Partir du livre d’un anthropologue produit cet effet là et je m’interroge sur l’insistance des commissaires de parler de leur source : quelque chose qui n’a rien à voir avec l’histoire de l’art mais qui en produit. Est-ce que l’ethnographie pourrait être la seule manière l’aborder l’histoire de l’art contemporain alors que l’histoire de l’art est trop cloisonnée pour le permettre ?

[…] Comment une ligne pour un artiste est toujours une question de durée plutôt que de trajectoire ? Pour un artiste, un géographe, un scribe, la ligne est une durée, la vraie question est comment la faire, sa destination importe peu. Finalement pour un artiste le travail est rarement dans l’œuvre qui sera exposée mais plutôt dans la fabrication qu’elle nécessite.

[…] Est-ce que la question de l’art n’est pas de réduire l’ensemble du monde perceptible à des données plus préhensibles et de compenser cette réduction par de l’intelligence ? »

Sons diffusés :

  • Générique de la série télévisée L’Alinéa.

- Anna Karina - "Ma ligne de chance".

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la deuxième partie de La Grande Table du 12/02/2013 intitulée « Littérature et Russie », cliquez ici.

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