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Vilmos ZSIGMOND

30 min
À retrouver dans l'émission

Semaine spéciale CANNES : Fin de la semaine cannoise, Caroline Broué reçoit Vilmos Zsigmond , qui fut chef opérateur auprès des plus grands cinéastes (Robert Altman, Spielberg, Brian de Palma, Michael Cimino, John Boorman) et qui reçoit le 23 mai à Cannes le prix Pierre Angénieux Excellens in Cinematography.

Vilmos Zsigmond en 2005
Vilmos Zsigmond en 2005

Les débuts :

Au début, en Hongrie, mes enseignants étaient les meilleurs cinéastes de l'époque. Ils m'ont tout appris. En 1956, après les événements de Hongrie, je suis parti à Hollywood, poussé par mon père. Je ne pensais pas que ce serait si difficile aux Etats-Unis : j'ai dû tout recommencer, alors que j'étais déjà chef opérateur en Hongrie. J'ai dû apprendre la langue, rencontrer les bonnes personnes. Cela m'a pris 10 ans.

Lancement de carrière :

Mon style de chef opérateur est en quelque sorte une prolongation du cinéma italien : le réalisme poétique. et tout le monde adorait : c'était nouveau, frais, ça ne coûtait pas cher. c'est ce qui m'a permis de rencontrer Altman, de Palma. ça a été facile ensuite.

Le directeur de la photographie peut-il infléchir la pâte d'un réalisateur ?

Je pense beaucoup à cette question. En fait, chaque film a son style, qui dépend du scénario, des acteurs. Ce sont eux qui dictent le style. Le réalisateur, d'abord puis le chef op' peuvent seulement aider à faire s'exprimer ces idées. ils créent l'ambiance de chaque scène.


Antoine Guillot a également rencontré John Boorman , qui présente dans le cadre de la Quinzaine des réalisateurs, "Queen and Country", un film qui revient sur la période de son service militaire, en pleine guerre de Corée. Antoine Guillot a commencé par lui demander pouquoi revenir aujourd'hui en images sur son passé ?

John Boorman : Si je l'avais fait plus tôt, j'aurais été trop en colère. Les anénes 50, ça a été une période très difficile, très sombre, mais avec le recul, je me rends compte qu'elle était aussi très importante : la guerre était finie, les choses allaient changer. Une Angleterre différente approchait, portée par nous les jeunes. Nos chefs militaires étaient eux encore accrochés au passé. J'ai voulu traiter de cette différence de générations.

J'ai fait ce film avec amour et nostalgie. ça adoucit le souvenir. Le rapport entre souvenir et imagination est mystérieux. l'imaginaire est parfois plus stable que la mémoire.

Le fait de faire et de regarder un film, d'être en immersion totale, est un thème de l'histoire. Ce film est une méditation sur le cinéma et sa relation avec la vie.

Queen and Country de John Boorman
Queen and Country de John Boorman

Queen and country

Suite et fin de La Grande Table cannoise ici : avec Andrey Zvyagintsev, Sergeï Loznitsa et Abderrahmane Sissako.

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