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#2 En direct du LOUVRE-LENS //

34 min
À retrouver dans l'émission

Retrouvez la Grande Table en direct du Louvre-Lens à l'occasion de l'inauguration du nouveau musée.

Le Louvre Lens, musée du 21ème siècle ?
Avec :

  • Adrien Gardère , designer et muséographe ; on lui doit l'aménagement intérieur du Louvre-Lens.

  • Alain Tapié , conservateur en chef du patrimoine, ancien directeur du Palais des Beaux-Arts et de l'Hospice Comtesse de Lille, responable de la mission sur le développement et la conservation des collections muséales du Nord, ancien chargé de mission à la direction des musées de France, ancien conservateur du Musée des Beaux-Arts de Caen.

  • Sophie Lévy , conservatrice en chef du patrimoine, directrice du LaM de Villeneuve-d'Ascq

Alain Tapié, Sophie Lévy, Adrien Gardère
Alain Tapié, Sophie Lévy, Adrien Gardère Crédits : Caroline Broué - Radio France

Adrien Gardère : « Avec ce nouveau musée, plus que l’idée de créer un musée du 21ème siècle, il y avait la volonté de concevoir un regard nouveau sur une collection organisée depuis la création du musée du Louvre de manière encyclopédique. Pour la première fois, le programme scientifique invite à décloisonner les œuvres, à les regrouper dans un même espace pour permettre un dialogue et une mise en regard chronologique et géographique d’œuvres qui ne peuvent habituellement être mises ensemble. L’ambition de ce projet, c’est de donner à chacun le sentiment que ces œuvres sont accessibles. Il faut que le public puisse tisser son propre chemin, et son propre regard. Il faut qu’il se sente les moyens de comprendre les liens entre les œuvres. C’est à travers ces dialogues que le public va ressentir, être ému, et vouloir comprendre. Mieux vaut commencer par établir une relation sensible aux œuvres avant d’apporter des éléments de connaissance et d’érudition.

Le choix des œuvres présentées dans le musée résulte d’un travail collectif. Dans l’espace du musée, certains œuvres peuvent s’avérer trop importantes, trop redondantes… il faut donc aussi choisir par rapport au lieu. Le choix d’habiller la galerie du temps d’aluminium, en reflétant les œuvres exposées, convoque en quelque sorte toutes les œuvres qui ne sont pas venues, tous ces fantômes.

N’oublions pas que le Louvre-Lens a sa collection : elle est à Paris. Si on devait parler d’un musée du 21ème siècle, il faut penser le musée comme un corps vivant qui évolue, et c’est le cas ici. »

Alain Tapié : « Le Musée est en évolution permanente. Les musées sont des institutions extrêmement vivantes. Tous les jours, l’accrochage bouge. Expositions permanentes et temporaires se répondent pour créer une sorte de permanence toujours en mouvement.

Le propre du musée, c’est d’être prospectif. La muséographie est un instrument prospectif, qui permet de mieux comprendre l’histoire. La mobilité des œuvres dans l’espace est importante. Imaginez le musée du 19ème : ce sont des choses collées les unes aux autres, dans une cohérence qui nous échappe aujourd'hui. Au 20ème siècle, on a espacé les œuvres. Aujourd’hui, on fait jouer les œuvres comme des acteurs, et le muséographe est un véritable directeur d’acteurs. Quand on est face à une œuvre, l’essentiel est de vivre physiquement le rapport qu’on a avec elle. L’important, c’est d’avoir des clés pour rentrer dans le tableau.

Les collections représentent l’axe de sens des musées. Au Louvre-Lens de pouvoir sentir qu’il y a un axe patrimonial formidable, et sentir qu’il y a des thématiques porteuses qui lui permettront de se donner un sens, même si ses collections sont à Paris. »

Sophie Lévy : « L’expression de « musée du 21ème siècle » a beaucoup de sens. Même quand on traite du 16ème siècle, l’exposition est toujours du moment présent. Si les œuvres nous regardent, c’est parce que quelque chose en nous nous fait lever les yeux. Tout musée est un musée du 21ème siècle, et le Louvre-Lens rebat les cartes avec sa muséographie originale

Les musées ont un pouvoir important. Avec le LaM, l’art brut prend sa place dans l’Art. C’était le pari intellectuel de départ, mais on ne savait pas avant d’ouvrir comment allait réagir le public. Et il réagi d’une manière que je n’imaginais pas. Beaucoup de visiteurs m’ont dit : « Moi aussi j’ai un potentiel de créativité » ce qui montre que l’art brut, quand il est beau, quand c’est de l’Art, ouvre des portes de dialogue.

Il y a des types de musées différents. Le Louvre-Lens est un musée sans collection, ce qui est une caractéristique fondamentale. Les collections sont le sang d’un musée. Ici, l’architecture précède aux œuvres : le rapport de la collection à l’architecture est donc très différent. Mais il ne faut pas sacraliser les musées à collection. Ce que peuvent faire ces structures sans collection aussi fixes, c’est la possibilité de titiller le centre, en l’occurrence le Louvre-Paris. L’enjeu pour le Louvre-Lens, c’est de mettre en place un lien de perturbation par rapport au centre. »

Sons diffusés :

  • Inauguration du centre Georges Pompidou le 31 janvier 1977 (Journal de France Inter).

  • Yves Montand, « Lettre anonyme à monsieur le conservateur du musée du Louvre ».

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Pour accéder à la première partie de La Grande Table du 4 décembre en direct du Louvre Lens, « Visite de la Galerie du Temps avec Vincent Pomarède », cliquez ici.

Découvrez notre dossier spécial sur le Louvre-Lens

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