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Pierre Nora sur le plateau de l'émission télévisée "Ce Soir Ou Jamais" en 2007.

Pierre Nora : "Le roman national, je n'y crois pas une seconde. Je le trouve dépassé et impossible."

34 min
À retrouver dans l'émission

L'historien Pierre Nora, co-fondateur de la revue Le Débat, est l'invité de La Grande Table à l'occasion de la parution d'un dossier sur La Culture du passé. Ce passé qui ne passe pas…

Pierre Nora sur le plateau de l'émission télévisée "Ce Soir Ou Jamais" en 2007.
Pierre Nora sur le plateau de l'émission télévisée "Ce Soir Ou Jamais" en 2007. Crédits : Eric Fougere/VIP Images/Corbis - Getty

La revue Le Débat  nous invite dans son dossier de novembre-décembre 2013, La Culture du passé , à nous interroger sur notre rapport au passé. Entre difficultés de l'enseignement de l'histoire et obsession contemporaine du passé, va-t-on vers un effacement de l'histoire au profit d'une omniprésence du passé dont chacun peut faire ou dire quelque chose.

Caroline Broué reçoitPierre Nora, historien, membre de l'Académie française et directeur de la revue Le Débat  (Gallimard). Il a récemment publié Recherches de la France chez Gallimard.

Quand j’ai commencé à travailler sur la mémoire, j’ai voulu prendre des objets et d’essayer de disséquer les strates historiques dont ils étaient porteurs. On était à l’époque dans un épanouissement mémoriel sans précédent. J'ai essayé de comprendre ce que signifiait ce  mouvement d'explosion de la mémoire qui était comme une libération puissante. 

La tâche de l'historien du présent ce n'est pas de regretter un état passé mais de décrire l'état présent.

Nous avons vécu dans ces trente dernières années une transformation très profonde du rapport au temps. Il y avait une linéarité, une continuité entre le passé, le présent et l'avenir. Je dirais que l'histoire consistait à retenir du passé ce qui était nécessaire pour préparer l'avenir. Le présent n'était qu'une forme de transition entre cet héritage du passé et cette projection de soi dans l'avenir, que ce soit dans le progrès, la Révolution... Cette linéarité, cette continuité s'est complètement brisée à cause de l'obscurcissement de l'avenir.

L'usage du passé n'est plus le monopole des historiens. Tout le monde y a un accès spontané mais profondément différent, terriblement subjectif qui ne passe plus par une interprétation commune.

Dans les Idées au quotidien , qu'est-ce que le culturellement correct ? "Le monde selon l'UNESCO", numéro 18 de la revue GRADHIVA (numéro disponible en ligne en libre accès).

Pour poursuivre la discussion, retrouvez ci-dessous les principaux documents et ouvrages évoqués dans l’émission, ou rendez-vous sur la page Facebook et le compte Twitter de La Grande Table.

Écoutez ou réécoutez la première partie de La Grande Table  en cliquant ici.

Intervenants
  • historien, éditeur, membre de l'Académie française
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