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Voltaire et le roi de Prusse Frédéric II autour de 1751

Comment former notre esprit critique ?

35 min
À retrouver dans l'émission

La Grande table reçoit Nicolas Gauvrit, psychologue et mathématicien français spécialisé en science cognitive qui a co-dirigé "Des têtes bien faites (défense de l’esprit critique)" (PUF, janvier 2019)

Voltaire et le roi de Prusse Frédéric II autour de 1751
Voltaire et le roi de Prusse Frédéric II autour de 1751 Crédits : Hulton Archive - Getty

Attentats, réchauffement climatique, vaccins, etc. Des théories du complot à la désinformation, de la simple parano à la persistance des idées reçues… L’époque est à la remise en question. Nos cerveaux sont-ils programmés pour croire ou pour douter ? Quel système d’autodéfense mettre en place pour que la raison ait le plus souvent gain de cause ?

On ouvre la réflexion à l’occasion de la parution de l’ouvrage Des têtes bien faites (défense de l’esprit critique) (PUF, janvier 2019), qui rassemble les contributions de chercheurs mais aussi d’enseignants, de vidéastes ou encore de webmasters. Un ouvrage collectif publié sous la direction scientifique de l’auteur de La démocratie des crédules, le sociologue Gérald Bronner. 

Notre invité, le psychologue et mathématicien Nicolas Gauvrit, chercheur en science cognitive à l'École pratique des hautes études a co-dirigé cet ouvrage avec l'enseignant-chercheur en psychologie sociale Sylvain Delouvée.

Nicolas Gauvrit nous donne sa définition de l'esprit critique :

L'esprit critique, c'est la capacité à raisonner de manière autonome et rationnelle (...) Être capable de bien évaluer l'influence que les autres peuvent avoir sur nos croyances.

Avoir l'esprit critique, c'est être capable de repérer des situations où il est possible de se tromper.

L'être humain, animal social, est sans cesse en interaction avec le savoir des autres. Nicolas Gauvrit nous explique ce que Dan Sperber a appelé "l'effet gourou" :

L'effet gourou, c'est le fait qu'on a tendance à croire à peu près n'importe quoi quand ça vient d'une figure d'autorité (...) mais quand on pousse un peu plus loin ça revient à croire qu'un discours qui ne veut absolument rien dire est profond.

Si on a en face de nous quelqu'un qui passe pour une figure d'autorité, pour un expert, et qui prononce des phrases qui ne veulent rien dire ou même qui veulent dire quelque chose mais de complètement triviales, on a un risque très important d'interpréter ça comme la preuve qu'il nous dit quelque chose d'extrêmement profond.

Nicolas Gauvrit revient également sur l'émergence des discours très sceptiques envers la parole scientifique ainsi que la multiplication des théories du complot :

Les gens confondent assez souvent les controverses scientifiques avec soit les controverses qui opposent les médias à la science soit les médias entre eux.

Les théories du complot ont ceci de particulier qu'elles contiennent leur propre défense.

Extraits sonores :

  • Interview de Laurent Calixte, Arrêt sur images, 12 janvier 2018.
  • Pr Séralini répond sur France 3 à propos de l’étude « GMO90  », publiée le 10 décembre 2018 dans la revue « Toxicological Sciences »
  • Extrait de l'épisode 28 "Le Sophisme du Procureure" de la chaîne Youtube "Hygiène Mentale" 
Intervenants
  • Chercheur en sciences cognitives à l'Ecole Pratique des Hautes Etudes à Paris
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
Production déléguée

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